Qu’adviendrait-il de l’espèce humaine si un virus s’attaquait à la langue anglaise?
C’est la grande question au cÅ“ur de Pontypool, le tout dernier film de Bruce McDonald (Hard Core Logo, The Tracey Fragments).
Le long métrage raconte l’histoire d’un animateur de radio (Stephen McHattie), de sa technicienne (Laurel Ann Drummond) et de sa productrice (Lise Houle) qui se retrouvent prisonniers de leur studio d’enregistrement, au moment où un mal étrange s’empare du monde extérieur… transformant les habitants de leur paisible communauté en meurtriers sanguinaires.
Bruce McDonald nous a donné un coup de fil de Winnipeg, où il tourne présentement la série télé Less Than Kind.
Peut-on qualifier Pontypool de film d’horreur?
J’aime à penser que c’est une romance noire. Mais je comprends pourquoi bien de gens le considèrent comme un film d’horreur. Je dirais que c’est dans la même veine que les vieux films d’Alfred Hitchcock : plus de suspense et moins d’hémoglobine.
Comment avez-vous réussi à tourner le film en seulement 15 jours? Il doit sûrement s’agir d’un record?
C’est vrai qu’on a fait ça vite, mais ça s’est très bien passé. Il ne faut pas oublier que toute l’action du film se déroule au même endroit, dans le sous-sol d’une église. On n’avait donc pas à se déplacer entre les prises. Les journées n’étaient pas si folles que ça : on commençait à filmer à 8 h et on arrêtait tout à 18 h 30, quand la chorale se mettait à chanter au premier étage! Disons qu’on n’avait pas vraiment le choix de respecter notre horaire! On ne pouvait pas trop, trop déborder!
Vous avez aussi tourné les scènes du film dans l’ordre chronologique, ce qui est très rare au cinéma de nos jours. Travaillez-vous toujours de cette façon?
Non. Et c’était l’fun! On n’a pas souvent la chance de tourner de cette façon. Ça nous a beaucoup aidés – les acteurs et moi – à garder un haut niveau de concentration, un peu comme au théâtre.
Pourquoi avez-vous décidé de porter le roman de Tony Burgess au grand écran?
J’aimais bien l’idée que la langue anglaise puisse être atteinte d’un virus. Ayant moi-même des racines écossaises, je prenais un malin plaisir à imaginer que l’anglais soit corrompu! Plus sérieusement, je trouvais ça intéressant qu’un truc banal tel que la parole devienne soudainement très dangereux. Ça me rappelait le film The Birds, d’Hitchcock, où quelque chose d’ordinaire, comme des oiseaux, se transforme en une terrible menace pour l’humain.
Vous réalisez des films depuis plus de 25 ans. À votre avis, comment l’industrie canadienne du cinéma se porte-t-elle par les temps qui courent?
Pas si mal. On a fait de grands pas en avant. Il y a beaucoup de scénaristes et de réalisateurs talentueux. Il ne nous reste plus qu’à trouver un moyen d’intéresser le public canadien à notre cinéma, ce qui est une autre paire de manches! [rires]
Côté cinéma, sur quoi planchez-vous en ce moment?
Je travaille à l’élaboration d’un film d’arts martiaux dont l’action se déroule dans une prison pour femmes. Ça s’appelle Lucky Hoe, en l’honneur du personnage principal, qui est une jeune écolière chinoise! [rires]
Pontypool
En salle dès aujourd’hui