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Damien Robitaille : Célébrer la solitude

Trois avec après L'homme qui me ressemble, Damien Robitaille revient avec Homme autonome, son troisième opus.

Du plus loin qu’il se souvienne, Damien Robitaille a toujours eu peur de se balader en vélo dans les rues de Montréal. Trop de circulation, trop de risques d’acci­dent, trop de bruit, explique-t-il.

Cette phobie de circuler librement en ville a dû s’évaporer au cours des derniers mois puisqu’aujourd’hui, c’est en bicyclette qu’il s’est pointé à notre entrevue, dans un petit café au coin des rues Saint-Denis et Rachel.

Aux yeux de plusieurs, il s’agit d’un détail sans grande importance, voire même insignifiant. Pas pour Damien Robi­tail­le.

L’auteur-compositeur-in­terprète y voit un signe de sa transformation, de son évolution. «Dans la dernière année, je sens que je me suis trouvé, raconte le Franco-Ontarien. Il y a un an, je n’osais pas avoir un piano chez nous parce que j’avais peur de déranger le monde. Avant, j’avais peur de parler en anglais au Québec. Je pensais que les gens allaient me juger. À cette époque-là, je ne me permettais pas de vivre. Là, je commence à m’ouvrir, à être enfin moi-même.»

Cet état d’esprit se reflète sur son dernier album, Homme autonome, qu’il décrit comme une «célébration de la solitude».

Car même s’il clame son indépendance dans la pièce-titre, Damien Robitaille ne cache pas sa fragilité, comme en témoignent les morceaux L’ermite dans la ville, Y a-t-il quelqu’un? et Mon nom.

«J’ai passé la plus grande partie des trois dernières années en tournée, sur la route, raconte-t-il. J’étais tout le temps seul en char. Je suis monté jusqu’à Na­tash­­quan, j’ai traversé la Gaspésie, j’ai fait le nord de l’Ontario. J’ai parcouru des milliers de kilomètres seul. Pendant le spectacle, c’était cool, mais à l’entracte dans la loge, je me sentais seul en tabarnouche!»

Effet contraste
Damien Robitaille aime les contrastes. Voilà pourquoi les textes parfois sombres d’Homme autonome sont souvent accompagnés de musiques légères et festives.

Réalisé par Jean-François Lemieux et mixé par Carl Bastien, l’opus propose une pop aux accents soul et funk ayant un petit côté rétro kitsch évoquant la décennie 1970.

«Je n’aime pas les gens qui s’apitoient sur leur sort, indique-t-il. C’est pour ça que j’aime des chansons comme Help! des Beatles : ça donne envie de danser, mais si tu t’attardes aux paroles, c’est une autre histoire!»

«Je vois la vie du côté positif, ajoute-t-il. Il faut rire de nos problèmes parce que, souvent, ils ne sont pas si graves que ça.»

L’amour, toujours l’amour
Même s’il préfère «célébrer» sa solitude plutôt que de la ravaler, il n’en demeure pas moins que Damien Robi­­­­tail­le cherche, comme la plupart des humains, l’âme sÅ“ur.

Cette quête se dévoile à travers les paroles de la toute dernière piste du disque, Plein d’amour, où le chanteur lance : «Viens dans mes bras, ma petite fille / J’veux pas que cet amour se gaspille.»

«Quand t’es seul, t’es libre. Tu peux faire ce que tu veux, observe-t-il en entrevue. Mais t’arrives toujours à un point où tu veux partager. Tu finis par te dire que ça ne vaut pas la peine de vivre si tu n’es pas avec quelqu’un d’autre.»

Homme autonome
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