La réalisatrice du très populaire film To All The Boys I’ve Loved Before (À tous les garçons que j’ai aimés), Susan Johnson, a discuté avec Métro de son désir (et des difficultés) de représenter la communauté américano-asiatique dans sa comédie romantique, disponible sur Netflix.
C’est que le livre de Jenny Han, adoré par les ados, qui a inspiré le film, décrit spécifiquement son personnage principal, Lara Jean Song Covey, et ses deux sœurs, comme étant à moitié Coréennes, à moitié blanches.
Mais en entrevue avec Métro, Susan Johnson a confié qu’il avait été impossible de recruter une distribution totalement américano-coréenne.
«Ce qui a été difficile, c’est que les trois sœurs sont censées être américano-coréennes. On n’a pas pu y arriver. Tout le monde est américano-asiatique, mais pas forcément coréens», explique la cinéaste.
«Et c’est quelque chose dont je veux parler, parce que, honnêtement, c’est impossible [de respecter le livre à 100 %]. Il n’y a pas des centaines d’actrices américano-coréennes qui correspondent aux rôles», continue-t-elle.
«Quand on a trouvé Lana [Condor, qui joue Lara Jean Song Covey], on a décidé de ne pas tenter de trouver à tout prix deux autres actrices qui lui ressemblent. J’espère que le public comprendra qu’on soutient toujours la communauté américano- asiatique», a-t-elle nuancé.
Mais la réalisatrice insiste : même si elle avait voulu embaucher trois Coréennes-Américaines pour les rôles, «l’histoire des trois filles, ce n’est pas qu’elles sont Asiatiques». «On n’a pas fait un film sur l’expérience des Asiatiques américains. Parce que ce n’est pas de ça dont le livre parle», explique-t-elle.
«On ne parle pas [de l’expérience américano- asiatique] pour que tout le monde puisse se voir dans le film. Et c’est comme ça que ça devrait être», avance-t-elle.
«Je comprends la nécessité de soutenir la communauté, parce qu’elle est sous-représentée. Je suis une femme cinéaste, je suis sous-représentée», compare Susan Johnson, qui se félicite de la diversité de sa distribution.
«Des étudiants m’ont dit : “Merci d’avoir montré une école qui ressemble à la nôtre, qui est aussi multiculturelle. On ne voit jamais ça dans les films”», rapporte-t-elle.
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L’auteure Jenny Han a donné un coup de main à la réalisatrice Susan Johnson pour recréer les petits détails des foyers américano-asiatiques.
• «Elle me donnait des petites astuces, du genre : “Il doit y avoir une cuiseuse à riz en tout temps dans la cuisine.” C’est génial, je n’y aurais jamais pensé», a rapporté la cinéaste.
