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Culture

Vincent Vallières: simplicité volontaire

Geneviève Vézina-Montplaisir - Métro

Vincent Vallières est un gars simple, pas compliqué, accessible et c’est peut-être pour cela qu’il est autant aimé. Sans tambour ni trompette, il a réussi à s’installer dans le paysage musical québécois et surtout à y rester. Mardi, il présentera Le monde tourne fort, un cinquième album en plus de 10 ans de carrière.

Quand on demande au principal intéressé de faire le constat de ses 10 années à partager ses états d’âme en chansons, ce dernier répond qu’il n’a pas encore le sentiment du devoir accompli. Il sent plutôt qu’il est sur une lancée, une lancée qui a pris son envol depuis la sortie de son troisième album, Chacun dans son espace. «Je sens qu’il y a tellement à faire encore, affirme Vincent Vallières, rencontré dans un café. Je sens que je commence à mieux maîtriser mon métier. Et plus ça va et plus j’ai du plaisir à le faire.»

Malgré son jeune âge, 31 ans, l’auteur-compositeur-interprète de Sherbrooke ne fait plus partie de la relève depuis belle lurette. Il regarde maintenant les nouveaux chanteurs arriver dans le décor et il trouve ça beau. En même temps, il a la curieuse impression d’être de ceux qui ont appris le métier à l’ancienne, dans le temps où les artistes se faisaient la main sur les planches et ne connaissaient pas la gloire instantanée grâce à MySpace.

«Le défi à notre époque dans la chanson et dans plein d’autres domaines c’est de pouvoir s’installer et de durer, note le chanteur. J’ai l’impression que c’est ce que j’ai réussi à faire en prenant mon temps, en montant une marche à la fois. Ce qui biaise l’affaire aujourd’hui c’est qu’on mélange le fait de faire de la musique avec le succès qui vient avec. C’est comme deux choses complètement différentes. Moi, mon parcours m’a appris que ce que j’aimais, c’était de faire de la musique avec les membres de mon band, qui sont mes amis, et d’écrire des chansons, plus que d’être connu. Ça fait peut-être prétentieux de dire ça, mais j’ai l’impression que je fais de la musique pour les bonnes raisons.»

Disque personnel
Affirmant être complètement libre dans sa démar­che artistique, Vincent Vallières a décidé de se faire plaisir avec Le monde tourne fort en proposant une face A et une face B, comme dans les bons vieux vinyles. Celui qui possède une table tournante dans sa cave n’est pas contre l’évolution de la technologie – il a un iPod quand même! -, mais il est de ceux qui aiment encore les pochettes de disque. «J’aime lire les crédits et les paroles des pochettes, confie-t-il. On a porté une attention particulière au contenant.»

Le guitariste a aussi porté une attention particulièreau contenu. Sur sa nouvelle offrande, Vincent Vallières offre 13 compositions davantage personnelles qui tournent autour de ses thèmes de prédilection, l’amour, l’amitié et les aléas du quotidien. Le poète souhaitait cette fois-ci essayer quelque chose de nouveau en tentant d’écrire des chansons engagées, mais l’expérience s’est avérée peu concluante. «Nécessairement ce sont des thèmes récurrents que j’aborde, mais fuck, c’est ça que j’aime chanter et je n’ai pas la prétention de vouloir réinventer quoi que ce soi», souligne-t-il.

Même s’il n’a pas la prétention de vouloir réinventer la roue et même s’il n’est pasmû par une ambition démesurée, Vincent Vallières, désire tout de même laisser sa trace et continuer de toucher les gens avec ses textes simples et beaux, et cela pour longtemps encore. «J’aimerais qu’une ou deux de mes chansons, dans 20 ans ou plus, continuent d’exister, confit-il un peu gêné. C’est mon but d’avoir une chanson qui va perdurer. Ça me rendrait ben heureux. On espère un peu ça pour chacune des chansons qu’on n’écrit, mais je ne pense pas que c’est nous décide.»

Le monde tourne fort
En magasin mardi

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