Sigourney Weaver a déjà sauvé le monde six fois. Mais aujourd’hui, l’héroïne de Aliens veut sauver le monde hors des salles de cinéma. L’actrice a collaboré avec le groupe environnementaliste Natural Resources Defense Council (NRDC) afin d’attirer l’attention sur l’acidification des mers, un phénomène inquiétant attribuable au changement climatique et dont personne ne parle.
Mme Weaver, pourquoi l’acidification des mers est-elle si préoccupante?
La pollution que causent les émissions de CO2 abaisse le pH des océans. Ce phénomène d’acidification entraîne la disparition des crustacés et de certaines autres espèces qui sont des éléments essentiels de la chaîne alimentaire marine. Si les organismes qui constituent la base de cette chaîne en viennent à disparaître, eh bien, tous les poissons et les animaux marins qui en dépendent disparaîtront eux aussi.
On critique souvent les voitures et les avions pour le réchauffement planétaire, mais la faute n’en serait-elle pas plutôt aux bateaux?
Ce qui est en faute, ce sont les sources d’énergie que nous privilégions, ce sont les énergies non renouvelables et polluantes, notamment le pétrole et le charbon, que nous exploitons. Nous devons effectuer de toute urgence une transition vers les énergies propres et profiter des ressources inépuisables qu’offrent le solaire et l’éolien. La technologie existe; il ne manque qu’une chose : que nos dirigeants permettent à ces nouvelles sources d’énergie de concurrencer les sources d’énergie du 19e siècle.
Trouvez-vous que Hollywood est assez vert?
Adopter des habitudes écologiques est un processus. Chacun – que ce soit Hollywood, les grosses compagnies, Monsieur et Madame Tout-le-Monde – peut faire certaines choses afin de devenir plus vert. Mais nous avons besoin d’avoir accès à des produits plus écologiques et à des sources d’énergie non polluantes pour y parvenir. C’est là qu’entrent en scène nos dirigeants. S’ils nous aident à réunir les conditions qui nous permettront de nous assurer un avenir où des sources d’énergie plus propres seront privilégiées, nous serons en mesure d’adopter des habitudes de plus en plus écologiques. Et quand je dis nous, je pense aussi à l’industrie du cinéma.
L’approche la plus efficace pour diffuser un message sur l’acidification des mers n’est-elle pas d’en faire le sujet d’un film?
Absolument. Je crois que le cinéma est l’un des meilleurs moyens de communication qui soient. Bien des gens ne pensent jamais aux océans pour la simple et bonne raison qu’ils ne voient jamais la mer. Un film peut réussir à leur expliquer pourquoi il est si important de les protéger, tout en leur révélant les beautés du monde marin. Ainsi, dans le documentaire produit par NRDC Acid Test, dont j’assume la narration, nous exposons aux spectateurs le problème de l’acidification des mers et nous essayons de les y sensibiliser en leur montrant de très belles images de l’océan.
Sauverez-vous le monde une septième fois?
Je ne sais pas, tout ce que je peux vous dire, c’est que je serai une voix parmi – je l’espère – beaucoup d’autres; et que nous militerons pour protéger la planète des conséquences du réchauffement global et pour prévenir l’acidification de nos océans.