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Culture

Danse, mon Roméo!

Geneviève Vézina-Montplaisir - Métro

Métro a rencontré l’un des premiers solistes des Grands Ballets canadiens, Hervé Courtain, dans les locaux de la compagnie. En pleine répétition pour le spectacle Roméo et Juliette, qui ouvre la nouvelle saison de la compagnie de danse ce soir, le danseur nous a permis d’assister à un enchaînement avec sa partenaire féminine, Xuan Cheng, sous la supervision de Giovanna Loren­zoni, l’assis­tante de Jean-Christophe Mailot, le choré­graphe de cette production.

À quelques mètres des danseurs, les muscles qui se contractent sont visibles, tout comme les expressions faciales et les gouttes de sueur. Ce contact privilégié permet de constater que les danseurs de ballet sont de vrais athlètes.

L’interprète de Roméo passe ses journées à s’entraîner et à pratiquer les chorégraphies. Il prend une pause le midi, pendant laquelle il mange un repas santé. Il dort beaucoup pour récupérer et, à l’instar d’un athlète, il fait beaucoup de visualisation pour mémoriser tous ses pas de danse.

«Je récupère moins vite que quand j’avais 21 ans», confie Hervé Courtain de­vant une assiette de salade et des nouilles au poulet.

À 35 ans, Courtain est-il vieux pour un danseur?

«Oui et non. Certains arrêtent de danser vers 30 ans, tandis que d’autres, comme Annick Bissonnette, arrêtent à 46 ans, note-t-il.

Le jeune homme danse depuis qu’il a 9 ans et a dé­cidé d’en faire son métier à 12 ans. Français d’origine, Courtain a fait ses classes à l’École de danse de l’Opéra de Paris où il est demeuré jusqu’en 2004. C’est cette même année qu’il a traversé l’océan Atlantique pour se joindre aux Grands Ballets Canadiens de Mont­réal, où il a été promu premier soliste en 2005.

Mais au fait, qu’est-ce au juste qu’un premier soliste? «C’est en lien avec l’expérience que l’on a comme danseur, explique le danseur. Ça peut parfois vouloir dire qu’en tant que premier soliste, vous allez avoir davantage de rôles principaux, mais parfois pas non plus. Cela dépend des chorégraphes.»

Ah Roméo, pourquoi es-tu Roméo?
Dans Roméo et Juliette, Hervé Courtain partage la vedette avec Xuan Cheng, sa Juliette, mais également avec Callye A. Robinson et Jere­my Raia, qui forment la deuxième distribution de la production et avec qui il partagera les soirs de représentation.

«Il y a toujours deux ou trois distributions dans un spectacle comme celui-ci, décrit l’étoile de la danse. Faire un ballet en trois actes tous les soirs, c’est risqué pour les accidents.»

C’est la troisième fois qu’Hervé Courtain joue le rôle de Roméo.

Avant d’entrer dans la peau du jeune Montaigu pour la première fois, en 2004, il a non seulement relu la pièce de théâtre de Shakes­peare, mais il a aussi regardé le long métrage
de Franco Zeffirelli et la version contemporaine de Baz Luhrmann. «Après, on essaie de respecter la vision du chorégraphe, note-t-il. C’est un processus en constante évolution.»

«La première fois que j’ai fait Roméo, il était plus léger, alors que maintenant, il est plus sensuel, ajoute Courtain. Je dois m’adapter à ça, et c’est ce qui fait que c’est intéressant de revisiter une Å“uvre.»

Roméo et Juliette
Au Théâtre Maisonneuve
Jusqu’au 30 octobre

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