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Culture

Une romance en plein chaos

Dans le film de Ruba Nadda Cairo Time, Juliette (Patricia Clarkson), rédactrice en chef d’un magazine féminin canadien, est censée retrouver son mari dans la capitale égyptienne. Mais lorsque ce dernier, qui travaille pour les Nations unies, dans la bande de Gaza, est retenu dans le territoire palestinien, elle décide de partir quand même à l’aventure, mais seule.

Son séjour se voit compromis, par des groupes d’hommes qui la suivent chaque fois qu’elle quitte son hôtel.

Une solution se présente à elle lorsque Tareq (Alex­ander Siddig), un ami de son mari, se propose de l’accompagner et de lui faire découvrir la ville.

Les scènes assez tendues du film sont basées sur l’expérience personnelle de touriste de Ruba Nadda au Caire. «Une fois, j’ai voulu visiter la ville avec ma sÅ“ur, raconte la réalisatrice originaire de Mont­réal. Mais c’était tout simplement impossible pour nous de descendre la rue ensemble. Nous ne pouvions pas être à l’extérieur sans escorte.»

Un vrai défi
Mais Cairo Time est plus qu’une critique du lieu : son honnêteté parfois cru sur cette ville profondément marquée par la division urbaine entre les hommes et les femmes se double toutefois d’un certain optimisme au sujet de l’évolution de son paysage social.

«Je vais au Caire depuis l’âge de 11 ans, raconte Nadda, qui a passé une partie de son enfance à Damas. Donc, je peux vraiment parler des changements qu’il y a eu là-bas. Et ils sont tous positifs.»

«Près de 50 % de la population est âgée de moins de 25 ans, ajoute-t-elle. Donc, il y a une véritable éclosion de la culture des jeunes qui pous­se la capitale vers l’avant. Il n’y a aucune police d’État secrète là-bas, et personne n’a peur d’être arrêté.»

«La population est capable de se plaindre de son président et est libre d’essayer de changer les choses», souligne Nadda.

Néanmoins, filmer sur place s’est avéré tout un défi. La réalisatrice canadiennea décrit comment elle a dû négocier avec «des dizaines de niveaux différents de bureaucratie». Et avec une responsable de la censure envoyée par le gouvernement égyptien qui devait rester sur les lieux du tournage en tout temps et approuver chacune des bandes.

«Mais heureusement ma mère m’a appris à parler arabe, lance Nadda. J’étais capable d’être à la fois une cinéaste canadienne et lo­cale. Ça aide beaucoup. Et contrairement à ce qu’on peut penser, la responsable de la censure devait juste s’assurer que la ville était bien représentée au reste du monde.»

Nadda ajoute que la réelle surprise pour elle a été de découvrir combien les gens qu’elle a rencontrés lors du tournage étaient intéressés d’en apprendre sur le reste du monde. «Lors­que nous tournions dans le désert blanc, des Bédouins nous posaient des questions sur Seinfeld», lance-t-elle en rigolant.

Cairo Time
En salle dès aujourd’hui

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