Marc Hervieux ne fait pas les choses à moitié. Quand le chanteur d’opéra a décidé de s’aventurer dans le merveilleux monde de la musique pop, il ne s’est pas contenté de coucher sa voix de ténor sur des titres connus du grand public.
«Je ne voulais pas fait un disque de style crossover», dit-il en entrevue.
Réalisé par Manu Pitois (Florence K, Marie-Élaine Thibert), Après nous compte 12 titres, dont 7 reprises. Nous nous sommes entretenus avec Marc Hervieux à la veille du lancement de son tout premier album.
Dans Le blues du businessman, vous chantez «J’aurais voulu être un artiste». Mais en ce qui vous concerne, ne serait-ce pas plutôt «J’aurais voulu être un pop star»?
Même pas! [rires] J’ai grandi avec les chansons populaires et quand j’étudiais l’opéra, les fins de semaine, je gagnais ma vie en chantant avec des bands dans les bars, des mariages et des partys. Ce disque, ce n’est pas un virage, mais plutôt une parenthèse que je me permets dans ma carrière de ténor. C’est un cadeau que je me fais.
Est-ce dangereux pour un chanteur d’opéra de verser dans la pop? On se doute que celle-ci ne doit pas avoir une bonne réputation dans votre milieu…
Pour certaines personnes, c’est bien effrayant. Mais je n’ai jamais aimé les gens très fermés. Je ne suis pas comme ça. C’est sûr qu’à une certaine époque, on a «élitisé» les chanteurs d’opéra. On les a mis sur un piédestal, ce qui est en soi insensé parce que ce qu’on fait, c’est juste
un autre style de musique. Aujourd’hui, le milieu de l’opéra a envie qu’on parle de lui, qu’on s’attaque aux préjugés qui l’entourent.
Et quels sont ces préjugés?
Les gens croient que pour aller voir un spectacle d’opéra, ils doivent d’abord aller manger dans un resto à 400 $, de se louer une robe ou un costume… Ça n’a rien à voir. Je viens d’Hochelaga-Maisonneuve et j’ai grandi sans entendre une seule note de musique classique.
Avez-vous pour mission de démystifier le monde de l’opéra, de le rendre plus accessible au grand public?
Non. Je fais de la musique comme je l’entends. Cela dit, je ne comprends pas les gens qui déclarent ne pas aimer l’opéra sans jamais y être jamais allés. Il faut au moins se faire une opinion par soi-même. Et si au bout du compte on haït ça, c’est correct!
Vous avez enregistré une version de Quand on se donne, en duo avec Ginette Reno. On imagine que dans le monde de la pop, ça ne doit pas être évident de trouver une interprète qui peut vous «accoter» vocalement?
C’est sûr, mais en même temps, le contraste peut être intéressant. Pour Where Do I Begin, par exemple, c’est Coral Egan qui joue les choristes à l’arrière. Coral est une artiste extraordinaire, mais elle a une voix minuscule par rapport à la mienne… Et pourtant, le résultat est génial.
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