Retrouver ses origines, ses parents biologiques lorsqu’on a été abandonné est une action naturelle, voire nécessaire pour son équilibre mental.
S’inspirant d’un fait divers, Claude et Nathan Miller, père et fils, ont décidé d’aborder la thématique de l’adoption dans leur premier long-métrage Je suis heureux que ma mère soit vivanter, réalisé à quatre mains.
Entre 7 et 20 ans, Thomas (Vincent Rottiers) va rechercher Julie (Sophie Cattani), sa mère biologique. À l’insu de ses parents adoptifs, il va retrouver cette femme et commencer auprès d’elle une double vie. Mais qui a deux maisons perd la raison… dit le proverbe.
Que père et fils réalisent un film sur les liens d’un enfant à avec sa mère peut pousser à la réflexion les psychiatres et autres psychologues. Mais lorsque les Miller se rejoignent à la réalisation de Je suis heureux que ma mère soit vivante, ils n’y songent pas une seconde. «Il y a longtemps que j’avais envie de tourner avec mon fils. Mais c’était à condition d’avoir un bon sujet», lance Claude Miller. Néanmoins, père et fils n’en sont pas à leur première collaboration. «Nathan travaille comme responsable de la seconde caméra sur mes films», souligne le père. «J’étais tellement stupéfait, j’allais pouvoir exister. Il y a vraiment une très grande affinité entre nous sur le plan cinématographique», ajoute le fils.
Toutefois, pour l’équilibre des responsabilités et pour éviter toute tension sur le plateau, les Miller ont dû trouver chacun leur place. «Une semaine avant le tournage, pendant les derniers essais, on se marchait sur les pieds. J’ai pris Nathan à part, et là, j’ai décidé de lui laisser la direction des acteurs. Je préfère être derrière l’écran de contrôle; de là, je lui transmettais mes commentaires», explique Claude.
«Avec ses 17 films et son expérience, il m’a mis en sécurité», précise Nathan, qui, lui, préfère sentir l’énergie du plateau et être à 25 cm de la caméra. Pour moi, c’était comme conduire une voiture de course avec Alain Prost à ma droite, prêt à appuyer sur la pédale de frein. Je n’avais pas peur d’y aller, car si je me trompais Claude rattrapait le coup.»
Chacun envisage maintenant de réaliser un film sans l’autre. Mais, c’est sûr, père et fils se retrouveront côte à côte dans la réalisation d’un autre long-métrage. «Mais avant ça, nous avons des projets individuels», conclut Claude Miller.
Je suis heureux que ma mère soit vivante
En salle dès aujourd’hui