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La grande bataille de Michael Moore

«Contrairement à la croyance populaire, je suis quelqu'un d'optimiste. Je crois toujours que les choses vont s'améliorer», fait valoir Michael Moore.

Le documentariste, polémiste et dénigreur professionnel de George W. Bush, Michael Moore, est de retour.

Le célèbre réalisateur, qui a fait ses débuts il y a 20 ans avec Roger & Me, refait sur­face avec Capitalism: A Love Story (Le capitalisme : une histoire d’amour), film dans lequel il examine les effets pervers du mercantilisme corporatif aux États-Unis. Avec un brin d’humour, il explique comment les banques et l’administration Bush ont ruiné l’économie de son pays, plongeant ainsi la planète entière dans une effroyable récession.

Capitalism: A Love Story ne marque pas la première incursion de Moore dans le merveilleux monde des affaires. Voilà sans doute pourquoi plusieurs fans y verront une rétrospective de la carrière du cinéaste à la casquette.

«Je crois que tous mes films ont tracé le chemin qui m’a mené jusqu’ici», indique Michael Moore en entrevue à Métro.

«J’ai toujours pensé que mes films traitaient du capi­talisme, même si je ne le soulignais pas au marqueur jaune», poursuit le cinéaste.

Sujet tabou
Michael Moore soutient qu’il y a quelques années à peine, les conversations sur le capitalisme étaient vues d’un mauvais Å“il. «Ce n’est plus le cas aujourd’hui», dit le réalisateur.

Selon lui, l’arrivée de Joe le plombier est responsable de la réouverture du débat.

«Après ça, Barack Obama s’est mis à faire référence au socialisme, ce qui a forcé Bush et tous les autres à défendre le capitalisme, raconte le cinéaste. À ce moment-là, je me souviens avoir pensé : « Wow! S’il y a une chose que nous, les Américains, n’aimons pas, c’est bien employer des mots comme «capitalisme» et «socialisme» dans nos discours… » Et par la suite, je me suis dit : « Eh bien, ça signifie peut-être que tout est permis dorénavant. On pourrait donc en parler librement… »»

Adoré ou détesté
Aux yeux de plusieurs, Michael Moore est la personne la mieux placée pour expliquer les causes de la récession. Qui d’autre pourrait lever le voile sur les mauvaises décisions et les accords douteux qui ont provoqué la présente crise économique?

Mais Moore n’a pas que des admirateurs. Et puisque Capitalism: A Love Story est une synthèse des opinions personnelles du cinéaste, ses plus féroces opposants se bousculeront sans doute au portillon pour calomnier son travail. C’est du moins ce à quoi s’attend le principal intéressé.

«J’y suis habitué! rigole Michael Moore. Si, en 2004, au beau milieu de la guerre en Irak, je vous avais dit : « Ne vous en faites pas! Dans le fond, les Américains, on est de bonnes personnes. On va bientôt comprendre. Dans quatre ans, on va élire un Noir à la présidence », vous m’auriez traité de fou!»

Éternel optimiste
Heureusement, Moore ne se laisse pas démonter par ses critiques, et entend poursui­vre son travail de documentariste-choc tant et aussi longtemps qu’il le pourra.

Moore avoue toutefois être agacé par ceux qui le décrivent comme étant un «grand cynique».

«Au contraire! Je suis quelqu’un d’optimiste, dit-il. Je crois vraiment que les choses vont s’améliorer, même si parfois, ça prend du temps.»

Capitalism: A Love Story
En salle dès le 2 octobre

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