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Culture

Grand Corps Malade: De slam et d'eau fraîche

Geneviève Vézina-Montplaisir - Métro

Grand Corps Malade s’amène en ville dans le cadre du Festival Montréal en lumière. Dans ses bagages : un nouveau DVD sur sa tournée Enfant de la ville, qui se termine dans quelques semaines, mais aussi une nouvelle chanson, À Montréal, dont les arrangements sont signés Yann Perreau.

Depuis la sortie de son premier album, Midi 20, en 2006, le slameur français trouve ici un véritable écho à sa poésie, remplissant les salles et vendant beaucoup de disques. Ce n’est donc pas un hasard s’il a composé une chanson sur la métropole.

«Je suis allé dans pas mal de villes, mais je n’ai pas écrit à chaque fois un texte sur celles-ci! souligne Fabien Marsaud (son vrai nom) au téléphone depuis Paris. Je me suis permis d’écrire une chanson sur Montréal parce que j’ai eu un vrai coup de cÅ“ur pour la ville et pour le public québécois.» Le public qui assistera à sa performance ce soir pourra donc apprécier cette nouvelle chanson spécialement écrite pour lui, ainsi que quelques pièces inédites que le poète s’apprête à endisquer.

Troisième disque
Grand Corps Malade a déjà rassemblé toutes les chansons qu’il veut retrouver sur son troisième album. Il compte se rendre en studio au printemps et présenter sa nouvelle offrande à la fin de l’année.

Celle-ci comprendra, entre autres, un duo avec Charles Aznavour, mais aussi la pièce Éducation nationale, qui a fait bien jaser au printemps dernier de l’autre côté de l’Atlan?tique après être paru dans Libération.

Ce texte, qui parle notamment du manque de ressources des enseignants et d’une éducation à deux vitesses, a été salué par plusieurs professeurs, mais a aussi fait grincer des dents plusieurs fonctionnaires au ministère. Le débat autour de la chanson fait d’ailleurs l’objet d’un court documentaire sur le DVD Grand Corps Malade en concert.

«Je trouvais que c’était important que ça se retrouve sur le DVD, parce qu’au-delà du spectacle et de la scène, j’écris aussi parce qu’il y a des thèmes qui me tiennent à cÅ“ur et que j’ai des préoccupations», explique le poète de 33 ans.

La vitalité du slam

Depuis quelques années, Grand Corps Malade est le porte-étendard du mouvement slam. C’est lui qui a fait connaître au public francophone cet art de la parole qui fait l’objet de plusieurs soirées autant à Saint-Denis, le patelin d’origine du slameur, qu’à Montréal.

Par contre, on a parfois l’impression que, sur la petite planète slam, il y a peu d’habitants; une observation que partage son ambassadeur. «Vu l’état de l’industrie du disque en ce moment, ce n’est pas facile pour les slameurs, concède Grand Corps Malade. Après le succès de mon premier album, il y a des maisons de disques qui ont signé quelques slameurs, mais malheureusement, le succès n’a pas été au rendez-vous, parce qu’ils n’ont pas eu le soutien médiatique que moi j’ai pu avoir, malgré la qualité de leurs albums. Du coup, le souffle est un peu retombé. Les maisons de disques sont très prudentes et ne signent pas des projets de slam en ce moment.»

Toutefois, ces craintes de l’industrie n’empêchent pas le slam d’être bien vivant! «Le slam n’a jamais été aussi fort dans les bars et dans les écoles, affirme celui qui, malgré son horaire chargé, continue de donner des ateliers de slam tous les mois.

Grand Corps Malade
Au Métropolis
Ce soir à 19 h

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