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Andrea Arnold et Fish Tank: Les 400 mauvais coups

À l’instar des frères Dardenne ou d’Abdellatif Kechiche, la cinéaste anglaise Andrea Arnold possède une feuille de route impeccable. Son court métrage Wasp a obtenu un Oscar en 2004, alors que son premier long métrage, Red Road, a été la grande surprise du Festival de Cannes de 2006, où il a reçu le Prix du Jury. Trois années plus tard, sa seconde longue Å“uvre de fiction, Fish Tank, remporte exactement le même prix, ex aequo avec Thirst du coréen Park Chan-wook.

«Ces récompenses me semblent toujours em­preintes d’irréalité, lance la réalisatrice au bout du fil, avec son fort accent britannique. C’est tellement incroyable d’être reconnue par mes pairs… Un film est une lutte sans fin. Je désire sans cesse me rendre là où je ne suis jamais allée. Pour chaque projet, je cherche un nouveau combat qui arrive à garder le film vivant.»

Son dernier essai se déroule dans un quartier défavorisé d’une ville anglaise. Mia (Katie Jarvis) est une adolescente qui multiplie les mauvais coups, jusqu’au jour où elle se sent sexuellement attirée par le petit ami (Michael Fassbender, de Hunger) de sa mère (Kierston Wareing, l’héroïne de It’s a Free World).

Comme dans le cinéma de Ken Loach et de Mike Leigh, le traitement est réaliste et naturaliste, et l’action se passe au sein de classes sociales défavorisées. «Je ne sais pas pour quelles raisons je m’intéresse à ces sujets-là, répond du tac au tac la réalisatrice. C’est comme si on demande à un peintre pourquoi il dessine de telle ou de telle façon. Peut-être qu’il ne faut pas essayer de comprendre… J’ai une démarche qui tient presque du documentaire. Une grande part de mon inspiration provient des lieux et des gens. J’aime aller dans la rue et voir les vraies choses.»

Se compliquer la vie?
Pour mener à bien l’aventure de Fish Tank, Andrea Arnold a dû relever plusieurs défis, notamment en confiant le rôle principal à Katie Jarvis, une comédienne non professionnelle découverte sur le quai d’une gare. «Je finis toujours par trouver un moyen de diriger mes acteurs, qu’ils aient de l’expérience ou non. Elle a appris très rapidement, et plus le tournage avançait, meilleure elle était.»

Une autre particularité de Mme Arnold est de tourner chronologiquement et d’attendre à la dernière minute avant de dévoiler les parcelles du scénario. «J’aime quand les acteurs explorent, qu’ils sont perdus, qu’ils cherchent et qu’ils sont dans le moment présent, explique la cinéaste. C’est une façon intéressante de procéder.»

Après avoir exploré quelques destins au féminin qui sont loin d’être de tout repos, son prochain défi apparaît déjà à l’horizon : une nouvelle version cinématographique du célèbre roman Les hauts de Hurlevent d’Emily Brontë. «Il y a plein de choses qui me rejoignent dans ce classique, avoue la réalisatrice. Je pense en tirer une adaptation assez spéciale, mais je ne veux pas trop en dire pour le moment.» C’est donc une histoire à suivre, possiblement à Cannes l’année prochaine.

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