Les mondes du cirque et de l’opéra se rencontrent rarement. C’est pourtant ce qui est arrivé lorsque les chemins d’Émile Carey et de Marie-Claude Chamberland se sont croisés au tournant du millénaire. Le premier, jongleur depuis l’âge de 11 ans et diplômé de l’École nationale de cirque, s’apprêtait à quitter la métropole pour joindre le Big Apple Circus de New York. La seconde, ballerine reconvertie en cantatrice, poursuivait une formation en chant classique. Deux univers en apparence incompatibles qui, contre toute attente, se marient à merveille.
Après avoir uni leurs destinées dans la vie, Émile et Marie-Claude répéteront l’expérience sur scène dans le cadre du festival Montréal Complètement cirque. Ce soir, à l’Espace Go, ils lèveront le voile sur Parfois, dans la vie, les choses changent, un work in progress dont la version finale sera présentée au printemps 2011 à La TOHU.
Avec un tel titre, le duo trace non seulement un parallèle avec son quotidien, mais il renvoie aussi à l’esprit clownesque de la production. «Avec des clowns, les choses ne se passent jamais comme prévu», souligne Émile. C’est cette combinaison inusitée de bouffonnerie, de chant classique et de jonglerie qui a intrigué La TOHU lors de l’élaboration de la programmation de la première édition de Montréal Complètement cirque. Le concept du spectacle a aussi plu aux institutions, qui ont participé à son financement. «Ce n’est pas du réchauffé, affirme Marie-Claude. Le Cirque du Soleil offre souvent des spectacles avec une chanteuse et des jongleurs, mais c’est toujours chacun leur tour. Avec nous, ça se passe en même temps.»
Outre les subventions gouvernementales, la paire a dû puiser dans ses propres économies pour mener son projet à terme. Au cours de la dernière année, le tandem s’est envolé à plusieurs reprises vers la France, où il travaille avec Christine Rossignol à la mise en scène et avec Michel Dallaire à la direction de jeu.
Le duo, qui a récemment fondé sa propre compagnie, La bande artistique, prépare aussi une tournée pour l’automne 2011. «C’est un énorme investissement, mais si on veut que ça soit bon, on n’a pas le choix, dit Marie-Claude. On va vendre l’auto s’il faut… et on se
promènera en Bixi!»
Dans un paysage culturel dominé par de grosses pointures comme le Cirque du Soleil, Les 7 doigts de la main et le Cirque Éloize, La bande artistique fait figure d’ovni.«Au Québec, il n’y
a pas de petits spectacles qui peuvent se transporter facilement de ville en ville, note Émile. On dit souvent que Montréal est la capitale internationale du cirque, mais je dirais plutôt que c’est la capitale des grosses compagnies de cirque.»
Parfois, dans la vie, les choses changent
Espace Go
Ce soir, samedi et dimanche