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Prozac: La course folle

Le compte à rebours a commencé pour la série Prozac. La comédie dramatique, dont le tournage se poursuivait hier dans un centre de soins psychiatriques, doit prendre l’antenne de V dès septembre.

Il faisait chaud, très chaud dans les corridors de l’hôpital Louis-Hyppolite Lafontaine hier midi. Mais ni l’humidité ni la meute de journalistes ne devaient ralentir le tournage de Prozac. Trente-trois jours pour filmer 11 épisodes de 30 minutes qui doivent entrer en ondes au mois de septembre, c’est du sport… pour ne pas dire de la folie.

«J’ai accepté de relever le défi en pleine connaissance de cause, note le réalisateur François Bouvier (Casino, Les hauts et les bas de Sophie Paquin). Cela dit, je n’aurais pas pu le faire si je n’avais pas été aussi bien entouré. C’est pour ça que j’ai choisi mon équipe avec soin. Quand tu n’as pas beaucoup de temps, il faut que tu aies des gens de talent!»

Et les grosses pointures, ce n’est pas ce qui manque sur le plateau de la nouvelle fiction de V. Parmi les comédiens qui s’activaient au quatrième étage d’un des pavillons désaffectés de l’établissement de soins psychiatrique, on dénombrait Isabelle Blais, Gilles Renaud, Martin Laroche, France Castel, François Létourneau et Patrice Robitaille.

Dans la première série de Karina Goma et de Sophie Borovchyk, deux anciennes concurrentes de l’émission Course destination monde, Robitaille incarne Philippe,  un ambitieux éditorialiste à qui tout réussit jusqu’au jour où on lui montre la porte à la suite d’un faux pas. Au bord du précipice et à l’aube de la quarantaine, il suivra une thérapie de groupe pour dépressifs.

«Quand ses copains le surprennent à entretenir des pensées suicidaires, ils l’obligent à aller chercher de l’aide», raconte Robitaille. François Létourneau (Les Invincibles) joue pour sa part le rôle de Mathieu, journaliste économique et meilleur ami de Philippe. La relation entre les deux hommes traversera toutefois une période trouble lorsque la carrière de Mathieu connaîtra un essor sans précédent à la suite du renvoi de son collègue.

Selon l’acteur, la qualité des textes est la raison pour laquelle Prozac a attiré un casting de si haut calibre. «C’est très bien écrit, opine-t-il. Il y a une économie de mots… Ce n’est pas un téléroman; il n’y a pas de bla-bla.» Même son de cloche du côté du réalisateur. «Ce n’est sûrement pas à cause de la grosseur des cachets qu’on a réussi à réunir tout ce monde-là!» lance Bouvier.

Face à cette avalanche de compliments, les auteures se montrent très flattées, d’autant que l’idée d’une comédie sur la dépression ne date que d’un an et demi. Et quand, l’hiver dernier, V leur a donné le feu vert pour l’écriture de la première saison, elles ont dû pondre 10 épisodes en moins de 6 mois. «Prozac va faire du bien à beaucoup de gens, croit Sophia Borovchyk. La pression sociale pour être heureux est si grande que, quand on ne va pas bien, on n’en parle pas. C’est tabou. On parle plus librement de son cancer ou de sa sexualité que de sa dépression.»

En thérapie
Les auteures de Prozac viennent à peine de terminer l’écriture de la première saison de la série qu’elles pensent déjà à la deuxième. Elles profiteraient de celle-ci pour donner plus de place à quelques personnages secondaires.

Une patiente dévergondée jouée par Sandrine Bisson (1981). «Elle représente la partie sombre de Mathieu», dit Borovchyk.

Un crooner has been maniaco-dépressif campé par Jean-Pierre Bergeron (Les doigts croches).

Interprétée par Louise Portal, cette patiente souffre du syndrome de Mère Teresa : elle s’obstine à aider les gens… même lorsque ses services ne sont pas sollicités.

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