Qui s’est déjà mis dans la peau d’un médecin sportif, détendant entre deux quarts temps les muscles endoloris d’un sportif? Qui connaît réellement la passion frisant l’obsession d’un collectionneur d’objets relatifs au Canadien? Comment un entraîneur trouve-t-il le mot juste pour enflammer ses joueurs et faire pencher la balance en leur faveur sur le terrain?
C’est pour répondre à ces questions que Télé-Québec diffusera à partir du 8 septembre la série documentaire en 12 épisodes Au nom du sport, produite par Télé-Vision. «Jean Rémillard [de la société de production Télé-Vision] nous a proposé un documentaire portant sur les fans de sport, explique Martin Roy, directeur général de la programmation de Télé-Québec. Ça a piqué notre curiosité et on a voulu en savoir plus. On s’est demandé comment un arbitre vivait sa passion du sport, ou encore ce qui pousse un médecin à choisir de se spécialiser en médecine sportive.»
Chaque épisode présente un acteur du monde du sport. Des athlètes, bien sûr, mais aussi des entraîneurs, des directeurs généraux, des dépisteurs, des psychologues sportifs, des agents, des journalistes… L’épisode consacré aux athlètes de sports collectifs montre Vincent Lecavalier, du Lightning de Tampa Bay, Benoit Groulx du Rouge et Or de Université de Laval, et Patrick Leduc, de l’Impact de Montréal. Les images d’archives, montrant des victoires et des défaites, succèdent aux images d’entraînements où le corps transpire et souffre. La bande son, parfois un peu dramatique, rend bien toute la tension vécue par les joueurs au jour le jour, quand l’entraînement est une nécessité pour rester au niveau et quand chaque rencontre est capitale.
L’ensemble est ponctué d’interventions qui permettent de prendre de la distance par rapport au sujet, comme celles de l’anthropologue Serge Bouchard ou des journalistes Pierre Foglia et Christian Tétreault. «En montrant les coulisses, on voulait aussi comprendre pourquoi on prend le sport tellement à cÅ“ur, rapporte Jean Rémillard. De par les liens qui unissent le sportifs et le spectateur, c’est aussi une réflexion sur les relations humaines.»
Et il est vrai qu’en interrogeant le sport, on finit inévitablement par se demander quel est son rôle dans une société de performance. Une soupape après le stress du métro-boulot-dodo? Le divertissement à la romaine auquel renvoie la célèbre formule, «du pain et des jeux»? Pourquoi un match provoque-t-il autant de passion? Au nom de quoi est-on prêt à payer une fortune pour porter le maillot de son athlète préféré? Cette série a le mérite de poser la question et d’apporter des pistes de réflexion intéressantes pour y répondre.
Le corps comme outil de travail
Au moment du tournage, Patrick Leduc se remet d’une blessure qui l’a éloigné des terrains pendant un an. Le joueur de l’Impact raconte devant la caméra la difficulté à être tenu éloigné du groupe et la vulnérabilité du joueur blessé. Il se présente également comme directeur technique au sein de l’Association Régionale de Soccer de la Rive-Sud, où il encadre un groupe d’enfants. Et si le documentaire lui paraît important, c’est avant tout pour eux. «Il leur permet de comprendre qu’ils vivent la même chose et ressentent les mêmes émotions que les professionnels.»
Au nom du sport
Tous les mercredis à 19 h
À partir du 8 septembre