Centurion suit le périple ensanglanté d’une brigade romaine qui se fait massacrer par une tribu de Pictes en l’an 117. Entrevue avec le réalisateur Neil Marshall.
Il n’est pas toujours bon d’être dans un essai de Neil Marshall. Déjà à l’époque de Dog Soldiers, il exterminait ses pauvres gens réunis au cours d’une escapade en forêt. Pour le film qui l’a lancé sur le plan international, le claustrophobe The Descent, il faisait vivre l’enfer à un groupe d’alpinistes prisonniers dans une caverne. Ce n’était guère mieux dans sa vision apocalyptique Doomsday, où la mort était si vite arrivée.
Pourquoi s’arrêter là alors qu’il y a tant d’histoires barbares à raconter? Plus près du western musclé à la Magnificient Seven que du péplum façon Gladiator, Centurion suit le périple ensanglanté d’une brigade romaine qui se fait massacrer par une tribu de Pictes en l’an 117. Tourné dans les Highlands en Écosse, le projet, qui met en vedette Michael Fassbender (Hunger) et Olga Kurylenko (Quantum of Solace), tente de recréer le plus fidèlement possible la réalité historique. «Nous avons fait toutes les recherches que nous pouvions, explique le réalisateur et scénariste britannique à l’occasion de son passage à Montréal dans le cadre du festival Fantasia. C’est un siècle de mythes et de mystères. Surtout que nous avons peu de connaissances sur le peuple picte. J’ai opté pour une approche réaliste et authentique, sans demi-mesure.»
À l’image de l’effort culte The Warriors, il s’agit d’un récit de survie où les personnages peuvent seulement espérer rester en vie en prenant la poudre d’escampette. Un nouveau film de genre pour le cinéaste, et un type de long métrage qui a beaucoup de difficulté à être pris au sérieux. «Je ne sais pas pourquoi, avoue Neil Marshall. Les critiques de journaux grand public ont des réticences, ce qui n’est pas le cas de la presse spécialisée. Peut-être qu’il y a quelque chose qui cloche dans leur tête!»
Couteau à double tranchant
réputation. Depuis le succès-surprise de The Descent en 2006, les propositions abondent chez Neil Marshall, tout comme les aspirations des studios et des cinéphiles. «Je peux difficilement lever la barre plus haut, admet celui qui cite comme influences John Carpenter, Sam Peckinpah et Howard Hawks. Le public s’attend à ce que je fasse exactement la même chose, mais ça ne m’intéresse vraiment pas. J’ai le goût de faire un western, de la science-fiction et d’autres trucs horrifiques, mais qui seront très différents de celui-ci.»