Culture

L'affaire Dumont: histoire d'amour et de justice

On le sait, ce n’est pas la première fois que Podz aborde le thème de la justice. 10 ½, Les sept jours du Talion, la série 19-2 tournent tous plus ou moins autour de cette thématique, et c’est aussi le cas de L’affaire Dumont. «Je ne sais pas c’est dû à quoi, s’exclame le cinéaste. Le sujet m’a tout de suite interpellé quand Geneviève Brouillette a attiré mon attention là-dessus, il y a trois ou quatre ans. Mais j’ai voulu faire un film qui ne soit pas juste là-dessus.»

En effet, L’affaire Du­mont, basé sur un fait vécu, est aussi une histoire d’amour. Il y a une vingtaine d’années, Michel?Dumont, électricien et livreur pour un dépanneur,  a été accusé, jugé et condamné pour une agression sexuelle qu’il niait avoir commise.

Seule Solange, jeune femme avec qui il a débuté une relation amoureuse au cours de la procédure, a cru sa version des faits et entrepris de le faire acquitter. «J’ai été touché par le drame que cet homme a vécu, l’énorme tristesse qui ressort de tout ça, raconte Marc-André Grondin, qui interprète Michel Dumont dans le film. C’est dégueulasse, tout ce qui est arrivé, mais en même temps, c’est excessivement beau, le geste de cette femme-là qui est restée à ses côtés jusqu’au bout.»

Le jeune comédien s’est imposé assez rapidement dans l’esprit de Podz. «Marc-André est assez renfermé, il tient à son intimité, comme moi, décrit le réalisateur. Et il est habité par quelque chose de profond, de sombre. Je suis allé voir ce qu’il y avait là, cette part d’ombre qui collait bien au personnage.»

Pour interpréter Solange Tremblay, la conjointe de Dumont, Podz a engagé Marilyn Castonguay, dont c’était le premier rôle dans un long métrage. «J’aime ça, travailler avec du monde qu’on ne voit pas souvent à l’écran, explique le réalisateur. Le public embarque plus facilement dans l’histoire. Dans 10 ½, par exemple, il y a Claude, qui est passablement transformé, et les autres, qu’on connaît moins. Ici, c’est la même chose, on a modifié l’apparence de Marc-André.»

Les comédiens ont d’ai­l­leurs pu s’inspirer des vrais Michel et Solange, qui ont été assez impliqués dans le tournage. «C’était surtout pour leur énergie, précise Marilyn Castonguay. Je ne voulais pas tomber dans la caricature.»

Du reste, la scénariste Danielle Dansereau a pu s’appuyer sur une solide do-cu­mentation, notamment sur les verbatims de cour, pour écrire le scénario. «Tous les dialogues qui se passent en cour, ce sont ces verbatims, dit Podz. C’est vraiment tripant, et un peu étrange, parce que les gens ne parlent pas au cinéma comme ils parlent dans la vie.»

L’affaire Dumont prendra l’affiche en 2012.

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