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Entrevue avec Brit Marling : des questions sans réponse

Ned Ehrbar - Metro World News

Tout comme son personnage dans The East, Brit Marling porte deux chapeaux. En plus d’y incarner le personnage principal, elle coscénarise le long métrage avec le réalisateur Zal Batmanglij. Dans le film, elle incarne Sarah, une agente secrète engagée par une firme de renseignements qui doit changer d’identité pour infiltrer un groupe écoterroriste s’attaquant à des entreprises polluantes. Métro s’est entretenu avec elle.

Dans le film, votre personnage d’agente secrète se demande qui peut bien vouloir faire ce genre de métier. Avez-vous une réponse?
[Rires] C’est une bonne question. Vous savez quoi? Je me le demande encore. Les agents secrets et les acteurs ont peut-être plus de points communs qu’ils le pensent. Dans les deux cas, on change d’identité. On prend un autre nom et on doit adopter une nouvelle vie. Bien sûr, leur métier est beaucoup plus dangereux. Si on les prend, on peut les exécuter sur-le-champ. Je ne crois pas qu’on ferait ça à des acteurs! [Rires] Mais tout l’aspect de la prise de risque reliée à ce métier me fascine. Ça demande quand même du courage. Et il faut accepter de perdre son identité, parfois pour une très longue période, et de devenir quelqu’un d’autre.

Habituellement, les personnages d’espion ont une vie très négligée. Ils sont souvent en quête de quelque chose qu’ils n’ont pas à la maison. Mais votre personnage a une vie personnelle plutôt satisfaisante.
Nous trouvions que c’était un élément important dans l’histoire. Et c’est pourquoi nous étions si heureux que Jason Ritter accepte de se joindre à la distribution. [Il joue le conjoint de Sarah.] Il a quelque chose de très attachant, de très réconfortant. Il possède une chaleur, une générosité et une sincérité qu’on souhaitait pour ce personnage. Qui ne voudrait pas d’un tel conjoint?

Le film réussit à présenter un bel équilibre entre les deux camps. Il ne prend pas parti pour le groupe anarchiste ou pour la firme privée d’espionnage…
C’est vraiment ce que nous souhaitions. Patricia Clarkson a tellement de charisme, c’est une actrice intelligente. Pour nous, c’était important d’avoir un visage du genre à la tête de Hiller Brood. Il nous fallait quelqu’un d’aussi charismatique que Benji [Alexander Skarsgaard, le pilier du groupe écoterroriste] pour créer l’équilibre. Les deux ont ainsi un pouvoir d’attraction. Dans le film, il y a beaucoup de nuances, et il est difficile de répondre aux questions abordées. Par exemple, le groupe anarchiste se demande jusqu’où il peut et doit aller. Ce qui est bien, c’est qu’en temps qu’auteurs, nous n’avions pas nécessairement les réponses à toutes nos questions. C’est ce qui nous a sans doute permis de ne pas prendre position. C’était important pour nous, toutefois, que ces questions soient soulevées.

Dites-moi, les agences privées d’espionnage existent vraiment?
Absolument. C’est assez fou. On dit qu’environ 40 % du travail est aujourd’hui effectué par des firmes privées. On serait porté à croire que toutes les missions sont sous une quelconque forme de surveillance gouvernementale, qu’on y respecte certaines lois ou, du moins, un code d’éthique. Mais avec l’espionnage privé, c’est pas mal différent. L’éthique prend souvent le bord. Le but est de voir comment on peut faire plus d’argent au prochain trimestre. Je trouve que c’est un monde fascinant et qui n’a pas encore été beaucoup exploré.

The East
En salle dès le 14 juin

[youtube http://www.youtube.com/watch?v=gHpT9B7e7-Q]

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