Sept ans après Marie-Antoinette, Sofia Coppola a ouvert, le mois dernier, la sélection Un Certain Regard du 66e Festival de Cannes avec The Bling Ring, une satire de la célébrité qui met en vedette Emma Watson et qui prend l’affiche vendredi.
The Bling Ring est tiré d’une histoire vraie, publiée dans Vanity Fair : celle d’un groupe d’adolescents de Los Angeles qui cambriolaient les villas des stars. Attrapés par la police, les jeunes voleurs sont en quelque sorte devenus des stars à leur tour. En lisant cette histoire, Sofia Coppola a trouvé qu’elle ressemblait déjà à un film qui dirait beaucoup de choses sur notre époque. Et c’est ce qu’elle a transposé sur pellicule, avec un bel équilibre entre humour et tragédie. Sa bande d’ados délurés, dont une Emma Watson devenue 100 % Californienne, plonge dans un univers régi par l’argent, les marques et la célébrité, avec une ivresse grandissante qui rend chacun de ses membres intouchable. S’il n’y avait pas eu une caméra de surveillance allumée… Métro s’est entretenu avec la cinéaste.
The Bling Ring raconte l’histoire vraie d’un groupe d’adolescents qui cambriolait les maisons des stars. Étant vous-même issue d’une famille célèbre, quel regard portez-vous sur cet univers?
N’étant pas concernée par le monde de la télé-réalité, je me suis plutôt projetée sur les jeunes. J’ai essayé d’imaginer pourquoi ils faisaient ça, parce que ça peut paraître assez dingue. À cet âge, on ne pense pas comme les adultes, on ne pense pas non plus aux conséquences. J’ai été ado à une époque où tout était complètement différent, en particulier parce qu’il n’y avait pas l’internet. Il m’a fallu m’imaginer à leur âge pour pouvoir comprendre la dynamique d’un groupe, la façon dont ils sont conditionnés par les réseaux sociaux… Je me souviens avoir entendu dire qu’il n’y a rien de pire que d’être humilié sur Facebook. Mais bon, je ne suis pas sur Facebook. (Rires)
Vous avez filmé Los Angeles de façon très différente que dans votre précédent film, Somewhere. Est-ce le scénario qui décide?
L’esthétique a été principalement influencée par l’univers que j’ai abordé : la façon dont les jeunes se photographient eux-mêmes sur Facebook, les représentations des magazines. Mais aussi par d’autres œuvres ayant Los Angeles pour cadre. Et puis, j’ai vu différents films sur des adolescents, leurs comportements, leurs traditions, leur énergie, transposés dans un univers entre glamour et tabloïds.
Il paraît que vous avez eu des difficultés à filmer dans la maison de Paris Hilton?
Elle nous a laissés filmer chez elle, mais son voisinage n’était pas d’accord. On a donc dû s’infiltrer avec une équipe très réduite et se cacher. C’était risqué, il ne fallait pas qu’on nous voie et on n’avait pas de solution de rechange. Et, non, personne n’a rien volé chez elle!
Votre direction d’acteurs a-t-elle changé?
J’ai un peu plus confiance en moi. J’ai toujours été à l’aise sur les plateaux puisque j’ai grandi sur ceux de mon père; c’est un environnement familier pour moi. J’ai beaucoup appris de mon père pour les répétitions, l’improvisation, et je pense que j’ai fini par développer mon propre style. Pour The Bling Ring, j’ai tenu à ce que les jeunes acteurs passent du temps ensemble avant le tournage. On ne peut pas prévoir que la chimie prendra. Mais ç’a été le cas, et ils sont tous devenus amis.
Y a-t-il une morale à The Bling Ring?
Non, je tiens à ne jamais donner de message, je laisse le public juger, se faire sa propre idée. Je ne veux pas porter de jugement non plus sur les personnages. Même s’il y a différents points de vue dans le film. Je veux les montrer sous un jour sympathique et rester dans l’empathie.
The Bling Ring
En salle dès vendredi
[youtube http://www.youtube.com/watch?v=Q4LzhgExvrc]
