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Culture

Woodkid: Faire feu de tout bois

Boris Tampigny - Métro France

Après avoir signé des clips pour Katy Perry, Lana del Rey et Taylor Swift, le chanteur français Woodkid lançait récemment son premier album, The Golden Age. Portrait d’un artiste au parcours fulgurant qui force l’admiration dans le monde entier, et qui débarque à Montréal le jour de la fête du Canada, dans le cadre du Festival international de jazz de Montréal.

Septembre dernier, Grand Rex de Paris. L’excitation est à son comble avant le début du concert de Woodkid. De Martin Solveig à Olivia Ruiz, en passant par Jean-Charles de Castelbajac, de nombreuses personnalités se pressent dans la salle pour voir en vrai celui qui crée le buzz depuis plusieurs mois avec le clip dantesque du titre Iron, déjà vu par 19 millions de personnes sur YouTube. À la sortie du spectacle, tout le monde salue une prestation ébouriffante, un croisement inédit entre pop, musique classique et BO épique de films.

Derrière toute cette frénésie se cache Yoann Lemoine, un Français aux allures de petit prodige, adoubé par son amie Lana del Rey qui lui a confié la réalisation de son clip Born to Die. Son premier grand concert à Paris a d’ailleurs été présenté à guichets fermés six mois avant la sortie de son album, une preuve supplémentaire que l’univers du jeune homme suscite une très grande curiosité. «On a voulu prendre l’industrie musicale à rebrousse-poil et on a décidé d’offrir du contenu au public avant même la sortie de l’album, nous explique l’intéressé, qui vient de fêter ses 30 ans. Et puis quand on a le temps, ça permet de faire des choses encore plus grandes.»

Des cavalcades rapides et puissantes
Du temps, le jeune chanteur en a eu pour épater tout le monde.

Après une jeunesse passée à Lyon, où il suit une formation de dessinateur, Yoann se destine à une carrière dans l’animation. Son talent tape dans l’œil de Yelle, Moby, Katy Perry et Taylor Swift, qui lui commandent des clips. Installé à New York depuis 2007, le garçon entame alors le projet parallèle Woodkid, où il va pouvoir laisser libre cours à son imagination débordante.

«J’ai toujours fait de la musique comme un passe-temps, une échappatoire personnelle, confie Yoann. J’ai commencé à faire des maquettes par curiosité, parce que j’aime bien tenter des choses pour voir si j’en suis capable.»

Son credo : transposer en musique les émotions qu’il a ressenties en découvrant le travail de Spielberg, Scorsese ou Kubrick. «Je voulais une musique d’images, imaginer des cavalcades rapides et puissantes, des références religieuses et martiales. Je rêvais d’arrangements épiques, où l’on pourrait se croire dans un grand film d’amour, ou d’action.»

***
Madonna convoitait ses services

Woodkid a un univers visuel très particulier qu’on remarque dans ses clips, toujours intenses, aussi bien que dans son premier album, The Golden Age.

«Je suis un fan du divertissement au sens le plus large, explique-t-il. Quand j’étais gosse, j’adorais le cinéma dynamique, les écrans à 360 degrés et les montagnes russes. Je voulais retrouver dans ma musique cette immersion totale dans l’émotion et l’expérience.»

Aujourd’hui, tout le monde s’arrache les talents de Woodkid, de Madonna aux Rolling Stones, en passant par Black Sabbath. «Je dois refuser beaucoup de propositions pour me consacrer à mon projet. Je ne suis pas dépassé artistiquement, mais je suis quelqu’un d’assez réservé et timide, donc j’ai un peu de mal à appréhender tout cet emballement médiatique. Mais je suis capable d’arrêter la machine si ça va trop loin.» Rien n’est moins sûr.

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Woodkid
Au Métropolis
Lundi à 20 h

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