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Culture

Retour sur Le passé avec Bérénice Bejo

Rania Hoballah - Métro France

En lice pour la dernière Palme d’or à Cannes, le film Le passé, d’Asghar Farhadi, est présenté en ouverture du festival Cinemania, à Montréal, avant d’y prendre l’affiche l’hiver prochain. Métro a parlé avec Bérénice Bejo, à qui ce rôle a valu le Prix d’interprétation féminine à Cannes.

Le Passé traite de conflits familiaux et amoureux. Ce sont des sujets qui vous parlent?
C’est un film très loin de ma vie, de mon quotidien. Mais c’est très intéressant d’incarner un personnage à l’opposé de soi. C’était pareil pour Tahar Rahim, on avait envie de secouer un peu nos personnages! Le seul qui ressemble à ce qu’il est dans la vie, c’est Ali Mosaffa, qui est aussi calme et posé qu’Ahmad.

Ça doit être une expérience particulière de travailler avec Asghar Farhadi qui demande deux mois de répétitions avant chaque tournage…
Oui, c’est déstabilisant, car après deux mois de répétitions, j’avais l’impression d’avoir déjà tourné le film. Je ne savais plus ce que j’allais inventer sur le plateau! Mais au final, ça permet de faire la moitié du trajet. Marie était déjà en moi, ce qui fait qu’on va encore plus loin. On est complètement habité. Ça offre une liberté incroyable.

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Comment se passe un tournage quand on ne parle pas la même langue que le réalisateur?
C’est particulier, mais j’ai beaucoup aimé ça. Le fait d’avoir un traducteur, ça pousse à écouter l’autre et à réfléchir à sa réponse. Il y avait une ambiance très agréable sur le plateau, car on se regardait beaucoup. À la fin avec Asghar, on se comprenait sans même parler. J’aimerais bien travailler plus souvent comme ça. On peut diriger même si on ne comprend pas les mots, car on est plus attentif à d’autres choses. Exactement comme dans un film muet.

Quelle a été la chose la plus difficile durant ce tournage?
D’arrêter. Même si j’étais épuisée, c’est très difficile de quitter un projet comme celui-là, car des réalisateurs qui vous amènent aussi loin, c’est rare. On se demande comment on va faire pour passer à quelqu’un d’autre, car chez Asghar tout a du sens.

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Le passé
Au Cinéma Impérial
Ce jeudi à 19 h 30 et le 16 novembre à 21 h

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