Culture

Bernie: le petit monde du cinéma indie

Richard Linklater retourne à son Texas natal avec la comédie noire Bernie, une histoire vraie dans laquelle l’homme le plus aimable du monde (Jack Black) est rendu fou par une méchante vieille femme (Shirley MacLaine).

La première du film a eu lieu au festival des films de L.A. en juin dernier. Ç’a été une longue attente!
C’est le monde indie… Sans distribution et tout, il faut toujours ajouter un an! (Rires)

Vous devez y être habitué.
Je m’y suis fait. C’est le nouveau paysage, c’est plus dur. Je suis chanceux d’avoir percé dans les années 1990, parce que c’était un peu l’âge d’or du film indépendant, et beaucoup de films d’alors n’auraient pas vu le jour aujourd’hui. Ça coûte tellement cher maintenant de distribuer un film que les gros distributeurs cherchent des coups de circuit.

Vous préconisez un style documentaire intéressant pour raconter cette histoire, avec les villageois que vous avez interviewés qui ressemblent à un chœur grec moderne.
C’est toujours le défi : quel est le bon moyen de raconter l’histoire qu’est le film? Et quand j’ai eu cette idée, c’est que je me suis dit : «Oh. Elle est morte, il est en prison, ils ne parlent donc pas. Ce qui compte, c’est ce que les autres disent d’eux.» Et j’ai grandi dans un village où tout le monde sait ce qui se passe, où le potinage est le meilleur mécanisme de contrôle social pour bannir certains comportements et en encourager d’autres. C’est une façon d’agir naturelle, mais c’est encore plus prononcé dans les petites villes.

Avez-vous rencontré de la résistance chez les gens?
Quand j’ai dit : «Bonjour, je viens de Huntsville, Matthew [McConaughey] de Longview», ils étaient un peu déçus qu’on ne soit pas plus «Hollywood»! Mais ensuite, j’ai gagné leur confiance. J’ai dit : «Je suis comme Scorsese qui tourne un film italien, ou Woody Allen qui fait un film qui se passe dans le Upper East Side. C’est mon peuple et je peux faire ce que je veux.» Je suis immunisé contre la critique. (Rires)

Voilà huit ans que vous avez sorti Before Sunset, qui arrivait neuf ans après Before Sunrise. Est-il temps que Julie Delpy et Ethan Hawke se retrouvent?

Oui, vous avez raison, c’est à peu près le temps. On en parle. On suit la même trajectoire : cinq ans à parler vaguement sans être trop motivés parce que nos vies n’ont pas tellement changé. Après huit ou neuf ans, on se dit : «Wow, OK, 40.» Ethan et Julie sont dans la quarantaine, la vie est différente, les enfants ont grandi. Alors, oui, il y a peut-être quelque chose à dire sur ce moment de la vie. On y arrive, je crois.

Bernie

En salle dès vendredi

Articles récents du même sujet

Exit mobile version