Il paraît que vous êtes une fan des films de Ridley Scott. Lesquels préférez-vous ?
J’adore Alien. J’avais 16 ans lorsque je l’ai vu la première fois et je ne le jugeais pas du point de vue d’une actrice, mais d’une simple cinéphile. Je trouvais que Ripley (Sigourney Weaver à l’écran – NDLR) était un personnage fantastique. C’était assez rare de voir une femme comme elle dans un film réalisé par un homme. Et puis j’ai aimé Blade Runner, mais aussi Thelma & Louise, que j’ai revu il y a peu. Et aussi American Gangster… Ridley est tellement fort. Surtout, il sait raconter de bonnes histoires, quel que soit le genre cinématographique.
Et quand il appelle pour proposer un rôle, on réagit comment ?
On est très excitée! D’autant plus qu’il s’agit d’un film de science-fiction, un genre qu’il a réinventé avec Alien et Blade Runner. Il ne m’a pas tout de suite donné le scénario, mais il m’a expliqué qu’il y aurait plusieurs acteurs de renom. Et que mon personnage serait différent de ceux qu’on a pu voir jusqu’ici dans la saga.
Comment décririez-vous Meredith Vickers, votre personnage ?
C’est l’équivalent féminin d’un costume-cravate, au sens où elle travaille pour la corporation qui finance la mission. Parmi les 17 membres de l’équipage, c’est la seule qui ne soit ni croyante, ni scientifique. Ses intentions sont assez mystérieuses et n’apparaissaient qu’au fur et à mesure.
Était-ce l’un des tournages les plus impressionnants de votre carrière ?
Oui, ne serait-ce que parce que je ne fais pas souvent de «gros» films comme celui-là. La logistique est différente, même si le cœur du métier reste le même : jouer la comédie. Et même si sur celui-ci il y avait la dimension «fan» dont on parlait tout à l’heure. Par moments, j’oubliais que j’étais actrice et j’étais aussi excitée qu’un spectateur.
Quel genre de directeur d’acteur est Ridley Scott ?
J’ai entendu dire qu’à ses débuts, il ne savait pas parler aux acteurs. Il m’a raconté un jour que, sur Alien, il a surgi derrière Sigourney Weaver pour lui faire peur. Et il a hurlé «On tourne»! (Sourire) Je trouve ça très beau de sa part, de confier ce genre de chose. Et surprenant, vu le grand réalisateur qu’il est devenu. Sur un film comme Prometheus, où il y avait de nombreux acteurs de premier plan, il faut savoir s’adapter à la méthode de chacun. Et Ridley le fait super bien.
Comment dirige-t-on Charlize Theron ?
La direction d’acteur, ce n’est pas aussi mécanique qu’on peut l’imaginer. C’est plus une question d’affinité avec le réalisateur. Il y en a avec lesquels on se comprend très bien tout de suite. D’autres avec qui il faut faire un effort. Je me suis retrouvée dans tous les cas de figure au cours de ma carrière. L’important, c’est de travailler avec quelqu’un qui m’aide à m’élever. Sinon je n’ai pas besoin de faire beaucoup de prises, je n’ai pas besoin de m’isoler non plus. J’arrive sur le tournage, je fais le boulot quand le réalisateur dit «On tourne»! Et je sors du rôle presque aussi vite.
