Elle a volé la vedette à son chef, Charles Milliard, lors de la soirée électorale de lundi dernier. Nada Boumeftah, nouvelle députée libérale de la circonscription de Maurice-Richard, dont les propos théâtraux sur la «vague rooouge» du Parti Libéral circulent depuis près d’une semaine sur les réseaux sociaux, a eu l’occasion de se faire mieux connaître à Tout le monde en parle (TLMEP), dimanche soir.
Avocate en droit criminel, chroniqueuse judiciaire et ancienne participante à la téléréalité Les Traîtres, Madame Boumeftah prenait place à la table de Guy A. Lepage auprès de ses collègues députées aussi nouvellement élues Ariane Boyer (Parti Québécois), Gisèle Pouhe Njall (Québec solidaire) et Éloïse Coulombe (Parti conservateur).
Il a bien sûr beaucoup été question, avec elle, de son entrevue à Radio-Canada qui en a surpris et fait rire plusieurs. Son enthousiasme, a expliqué la principale intéressée, est la conséquence d’un «parcours du combattant» qu’elle a commencé à mener très jeune, «avec de l’engagement, de l’implication» et son «cœur de lionne» dévoué, «nourri par [ses] parents».
«Ils m’ont toujours appris à avoir la tête haute, le cœur à la bonne place et les pieds bien ancrés», a expliqué Nada Boumeftah.
«Et à ce moment précis où les caméras se sont allumées, c’est là qu’on venait d’apprendre qu’on avait gagné. C’était… la pression qui venait de tomber, cette shot d’adrénaline-là (…) qui venait d’arriver, de réaliser qu’on venait, effectivement, de l’emporter, après un travail extraordinaire de terrain, avec une équipe extraordinaire derrière moi. (…) C’est ce qui me donne cette vie-là, cette vitalité, les gens qui m’entourent, et on l’a senti aussi dans mon discours.»
Se disant «Marocaine de souche et Canadienne de couche», après 10 ans à plaider comme avocate, Nada Boumeftah voit son engagement politique comme une «petite épingle qui va peut-être percer et créer un courant» capable de donner une voix aux gens qui ne sont pas entendus, entre autres.
Nada Boumeftah a d’ailleurs lancé, à ses collègues députées sur le plateau de TLMEP, un appel à la solidarité et à «servir ensemble» à l’Assemblée nationale.
La dame de 33 ans soutient avoir reçu «encouragement et endossement» de son parti et du chef libéral Charles Milliard après son petit laïus devenu viral. «En sachant qu’on ajoute de la couleur, apparemment», a-t-elle ajouté.
«J’intègre une équipe que je connaissais déjà. J’étais déjà impliquée, j’avais déjà fait des conférences, ouvert des cliniques juridiques, accessibles au public gratuitement. (…) J’ai intégré une équipe qui me connaissait déjà de mon intensité, de ma flamme intérieure.»
«On m’a dit de boire un petit peu de lait, peut-être, pour calmer le tout, ou m’énergiser encore plus», a complété la politicienne, qui dit adorer ladite boisson.
Le pacte d’André Sauvé
Rare dans les talk-shows, André Sauvé était présent à TLMEP pour promouvoir le recueil de textes de son plus récent spectacle, Naturellement, dans lequel il trace des liens entre l’expérience humaine et les leçons dispensées par la nature.
L’humoriste, qui habite désormais dans la campagne française, a confié, à la suite d’une question du coanimateur MC Gilles, qu’il doit toujours «se faire violence» pour remonter sur scène.
«Je m’étais dit ;si je reviens sur scène, je ne veux pas faire une même mouture que les trois spectacles précédents. Je voulais quelque chose de nouveau. Si je reviens, je vais revenir avec, vraiment, un sujet qui me tient à cœur. C’était ma condition, mon pacte avec moi-même pour revenir», a détaillé André Sauvé, au sujet de ce quatrième one man show.
Féminicides, un enjeu de santé publique
L’écrivaine féministe Martine Delvaux, elle, a raconté à Tout le monde en parle la genèse de son récit Divas, dans lequel elle rend hommage au parcours de chanteuses plus grandes que nature.
Éloquente, l’autrice s’est prononcée sur les 19 possibles féminicides survenus au Québec depuis le début de l’année 2026. Elle lève le drapeau rouge devant ce qu’elle considère comme un enjeu de santé publique.
«Est-ce qu’il ne faut pas faire plus de prévention? Est-ce qu’il ne faut pas donner plus d’argent (…) au communautaire, ouvrir plus de maisons? (…) Ce sont les femmes qui perdent la vie (…), elles sont assassinées, mais combien de femmes, dans notre vie de tous les jours, perdent la vie d’une autre façon? Ont des vies qui ne fonctionnent pas? Qui sont dépressives, qui n’ont plus d’énergie, qui sont démolies, parce qu’elles sont sous emprise, parce qu’elles ne peuvent pas quitter une situation d’emprise, parce qu’elles n’ont pas les moyens, parce qu’il y a des problèmes de logement, elles vont se retrouver dans la rue…?»
«Ce n’est pas léger. On ne peut pas juste compter les féminicides et ne pas entendre à quel point c’est grave que notre société (…) en 2026, qu’il y en ait encore, et que, toutes proportions gardées, il y en a plus qu’ailleurs», a dénoncé Madame Delvaux.
