lang="fr-FR" > Apaisement de la circulation : d'autres restaurateurs s'indignent
Le Plateau-Mont-Royal

Apaisement de la circulation : d'autres restaurateurs s'indignent

Deux ans après sa mise en place, le plan d’apaisement de la circulation sur le Plateau Mont-Royal est loin de faire l’unanimité. Plusieurs restaurateurs de la rue Duluth se plaignent qu’il a fait baisser leur clientèle.

Jean-Pierre Charpentier a même dû récemment mettre les clés dans la porte de son restaurant Le piton de la fournaise. Après plus de 10 ans en affaires, l’ex-propriétaire croit que le nombre restreint de places de stationnement dans le secteur a été, en partie, responsable de sa perte.

« La première chose que les gens disaient en arrivant au restaurant, c’est que le stationnement n’a aucun bon sens. Certains nous appelaient pour reporter leur réservation ou carrément l’annuler parce qu’ils ne trouvaient pas de place », déplore-t-il.

Celui-ci pense aussi que les changements de direction de plusieurs rues a fait fuir sa clientèle qui provenait en grande partie des banlieues.

Avant de fermer ses portes le 30 octobre, M. Charpentier dit qu’il ne servait qu’une quarantaine de couverts les vendredis et samedis, alors qu’il pouvait en servir le double il y a un peu plus de deux ans.

Le propriétaire du Couscous Royal, Younes Zniber, se dit quant à lui découragé d’avoir subi une baisse d’environ 40% de sa clientèle depuis ce temps.

« Si je n’étais pas le propriétaire, je déménagerais. Même moi, j’ai des problèmes à me stationner. Il devrait bien y aurait moyen d’aménager des stationnements », soutient-il.

Même son de cloche du côté de Panos Panayotacopoulos, propriétaire du restaurant Le jardin de Panos, qui dit aussi accueillir beaucoup moins de clients, surtout en hiver lorsque des places de stationnement restent encombrées par la neige.

Ne se disant pas victime de cette baisse d’achalandage, Fadia Salabi, co-propriétaire du restaurant Vertige, pense tout de même que ses clients viendraient plus souvent s’ils avaient moins de mal à se stationner.

« Ils arrivent parfois frustrés et nous devons les calmer en leur offrant quelque chose », avance-t-elle.

Celle-ci s’indigne que d’anciennes places de stationnement payantes aient été troquées par des places réservées aux détenteurs de vignette sur la rue Saint-Hubert cet été.

Plusieurs automobilistes ont délaissés les rues commerciales du Plateau cette année, telles que l’avenue du Mont-Royal, du Parc, la rue Cherrier et Papineau. Le taux d’utilisation des parcomètres a baissé en moyenne de 8 % sur l’ensemble de ces rues jusqu’à cet été, une situation qui serait en lien avec l’augmentation de leurs tarifs.

Pas concernés

Contrairement à ceux-ci, d’autres restaurateurs ne semblent pas être concernés par cette situation selon les dires du directeur général de la Société de développement commercial (SDC) du boulevard Saint-Laurent, Francis Blouin, qui représente tout près de 80 spécialistes en alimentation préparée sur place.

Un de ses membres situés entre la rue Sherbrooke et Prince Arthur lui aurait même confié avoir vécu ses quatre meilleurs mois en affaire depuis cet été.

« Les restaurateurs ont été plus ou moins touchés par les mesures d’apaisement de la circulation. Elles n’ont pas vraiment été réalisées à proximité du boulevard », soutient-il.

En faisant référence aux restaurateurs situés sur la rue Duluth, M. Blouin croit qu’il « est difficile de pointer du doigt ces mesures » et que « d’autres facteurs » peuvent entrer en ligne de compte.

À cause des travaux?

Pour expliquer cette situation, le maire de l’arrondissement Luc Ferrandez blâme plutôt les importants travaux de la Ville qui ont eu cours durant l’été.

« Il y a beaucoup de gens qui disent que c’est à cause des mesures, mais les rues qui ont le plus souffert, c’était lié aux travaux », soutient-t-il.

M. Ferrandez se dit conscient que cette situation « ne donne pas l’image d’un quartier ouvert », mais que les rues qui sont touchées par le plan restent « marginales ».

Par ailleurs, le projet-pilote des « parco-jour » déjà en place sur les rues Calixa-Lavallée et Émile-Duployé est appelé à prendre de l’expansion avec de nouvelles installations, ce qui pourrait créer de « nouveaux revenus » à l’arrondissement, signale M. Ferrandez.

Le plan d’apaisement de la circulation comprend notamment le retrait de 600 places de stationnement sur rue, une augmentation des tarifs des parcomètres et l’ajout de nombreux sens uniques.

Articles récents du même sujet

Exit mobile version