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Le Plateau-Mont-Royal

Ceux qui frappent dedans la vie

Sept amis se sont réunis il y a environ deux ans avec une idée originale en tête : reprendre les chansons de Gerry Boulet. A capella.

Si cette fantaisie a commencé pour le plaisir, à chanter dans la rue, les Gerry’s sont aujourd’hui un groupe bien établi, qui ne manque pas de projets pour monter un beau grand bateau avec leur musique.

Seulement qu’une aventure

Dégustant des fèves au lard, dans une institution montréalaise que Gerry Boulet a certainement fréquentée à une autre époque, deux des membres de cette loufoque aventure musicale racontent leur parcours.

«J’étais dans un bar, et il y avait un petit groupe qui chantait les chansons de Gerry. Je me suis dit que ça pouvait être une bonne idée de revisiter ses classiques. J’ai appelé quelques amis, et c’est parti», raconte Guillaume Tremblay, l’un des fondateurs des Gerry’s, les yeux brillants en parlant de son groupe.

«On s’est principalement rencontré au Conservatoire d’arts dramatiques», rajoute Maxime Carbonneau, un autre Gerry’s présent depuis le début. Ils ont pour la plupart comédiens ou musiciens. Certains sont partis, d’autres sont restés ou ce sont greffés à cet « objet non défini ». Mais depuis un an et demi, le groupe répète deux fois par semaine, au Conservatoire, sur le Plateau, lieu de résidence de la plupart des membres du groupe.

«On n’est pas un groupe hommage. Et on ne tente pas d’imiter Gerry», précise Maxime. Ils se réapproprient littéralement les grands classiques du musicien aux longs cheveux, en les arrangeant musicalement, et surtout, en les chantant. La musique des Gerry’s, et ce qui les rend si originaux, c’est leur voix. Toutes les chansons sont interprétées « a capella », et demandent de nombreuses heures d’arrangement.

Cœurs de rocker

De quelques chansons interprétées dans la rue pour s’amuser, les Gerry’s sont passés à une douzaine. Le groupe enregistre présentement un disque, dont la sortie est prévue au printemps. Ils feront également à la même période une tournée…des églises, partout dans la province. Car les Gerry’s alternent leurs performances entre les bars et les églises.

«C’est à l’image du chanteur», explique Guillaume, en référence au spectacle de Gerry, alors qu’il était dans le groupe Offenback, à l’oratoire St-Joseph, en 1972. «En même temps, ce n’était pas un enfant de chœur, et il passait de longues soirées dans les bars aussi».

«Gerry est vraiment rassembleur. Tout le monde connaît les paroles de ses chansons. Il est encore bien présent. Les gens chantent avec nous alors qu’ils ne savent pas qui on est. C’est magique», confie Maxime.

Des amis

Pour pimenter leurs spectacles, les Gerry’s font participer deux autres groupes, qui les aident à être plus sensible à l’invisible.

Les Marjo’s ; même principe que leur alter ego masculin, ce groupe féminin revisite les classiques de la blonde rockeuse, chanteuse de Corbeau. Un autre groupe, les frères chiens sales, transforment quand à eux les chansons de Gerry en chant grégorien, accueillant les visiteurs dans les églises où se produit le groupe vedette.

Outre un album et une tournée ecclésiastique, les Gerry’s espèrent éventuellement aller en France. Des projets de documentaires et de pièces de théâtre sont également en route.

Les Gerry’s, c’est le moins que l’on puisse dire, voient la vie avec les yeux du cœur.

 

Gabrielle Brassard-Lecours

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