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Le Plateau-Mont-Royal

Alors on chante !

La soprano Frédérique Drolet, jeune résidente du Plateau-Mont-Royal, s’impose comme une étoile montante de l’opéra. Actuellement stagiaire à l’Atelier lyrique de l’Opéra de Montréal, elle compte parmi la distribution du spectacle Rossini et ses muses, le grand dîner, présenté les 10, 13, 15 et 17 mars au Monument-National.

Moins d’un an après avoir terminé sa maîtrise en interprétation du chant classique à l’Université Laval, la jeune femme de 26 ans, originaire de l’Outaouais, est en train de se tailler une place de choix dans l’univers de l’opéra au Québec.

En novembre 2010, tout juste avant la fin de ses études, Frédérique a passé des auditions pour entrer à l’Atelier lyrique de l’Opéra de Montréal. L’Atelier, dont la mission est d’offrir des stages professionnels combinant formation et expérience scénique, constitue un véritable tremplin pour les jeunes artistes canadiens se destinant à une carrière à l’opéra.

Après un long processus de sélection, elle a été choisie, avec trois autres élus, parmi quelque 160 candidatures. Sa présence entre les murs de l’Atelier lyrique lui a notamment permis de se produire dans les Noces de Figaro l’automne dernier (une production de l’Opéra de Montréal). « C’est vraiment une chance. C’est comme le rêve de tous les chanteurs qui ont étudié en maîtrise, soutient Frédérique. Les Ateliers lyriques de Montréal et de Toronto sont les plus renommés au Canada. Je me lève chaque matin et je me dis « ayoye » ».

« On est payé pour être là et pour être formés, continue-t-elle. Je peux juste me concentrer là-dessus. J’ai des amis qui doivent travailler au Starbucks pour se payer un cours par mois avec leur prof de chant. Moi, j’ai la chance que ce soit fourni. C’est vraiment génial ».

Une création originale

Frédérique Drolet s’apprête à faire un autre tour de chant très attendu dans Rossini et ses muses, le grand dîner, présenté en mars par l’Atelier lyrique. Le spectacle, spécialement conçu pour l’événement par la metteure en scène Marie-Nathalie Lacoursière, propose un amalgame des plus beaux airs de Rossini (Le Barbier de Séville, l’Italienne à Alger, Cendrillon, Guillaume Tell). L’histoire, scindée en deux parties, projette notamment le public en 1868, au lendemain d’un grand festin, dans une villa de campagne. Rossini, alors au soir de sa vie, se remémore quelques moments et rencontres marquantes de son existence épicurienne, dont une fabuleuse soirée gastronomique de novembre 1824 à l’Auberge du Veau-qui-tète…

« Ce spectacle, c’est l’occasion de participer à une création qui n’a jamais été faite. Chanter du Rossini, c’est super pour une soprano! C’est le compositeur par excellence pour les gens qui aiment faire des vocalises. Ça va vite, la voix monte et descend rapidement », s’enthousiasme la jeune virtuose.

Au total, six chanteurs et une pianiste composeront le spectacle. Frédérique, qui interprétera différents rôles, chantera dans la langue originale (l’italien, principalement) avec dialogues en français et surtitres bilingues (français et anglais).

Amoureuse de l’opéra jusqu’au bout des doigts, Frédérique s’est donnée la mission de faire découvrir cet art à monsieur et madame tout-le-monde. « Souvent, les gens ont une idée préconçue de l’opéra. J’aimerais leur montrer que tu peux être jeune et aimer l’opéra, que tu peux aimer le rock et aimer l’opéra. Ce n’est pas incompatible ! ».

Et comment compte-t-elle s’y prendre? « Par l’humour ! », lance-t-elle, citant au passage la soprano Nathalie Choquette. « Elle avait donné un spectacle à mon école primaire. Je me rappelle qu’elle chantait de l’opéra et qu’elle finissant avec un ananas sur la tête dans un costume hawaïen. Ça m’avait marquée. C’est ce type de vision qui m’a encouragée à continuer dans le monde de l’opéra ».

« Je trouve que c’est parfois un milieu très sérieux et conventionnel, avec des règles préétablies selon les répertoires, confie Frédérique. Ces restrictions mettent parfois un mur entre le public et le chanteur. C’est cela qu’il faut briser ».

Avec trois amis, elle a d’ailleurs créé le groupe Quattr’Opéra, histoire de monter et de donner des spectacles d’opéra dans un cadre libéré de toutes contraintes. « On fait vraiment ce qu’on veut! On descend dans le public et les gens aiment beaucoup ça. J’aimerais exploiter ce filon-là », conclut la jeune femme.

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