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Le Plateau-Mont-Royal

Mésentente autour de la conversion d’un terrain de stationnement

Tranchemontagne Daphnée - TC Media
Alors que les élus ont déposé une motion en faveur du logement social, six résidents ont exprimé leur opposition à la réalisation d’un tel projet sur le terrain de stationnement situé à l’angle des rues Villeneuve et Drolet, lors de la dernière séance du conseil d’arrondissement tenue le 7 mai. Ils souhaitent que cet espace soit converti en parc. Une pétition de 96 signatures a été déposée en ce sens.

« Nous sommes quelques résidents du quartier à avoir appris qu’un projet de construction était prévu sur un terrain zoné « parc » et qui est actuellement utilisé comme espace de stationnement. Nous voudrions savoir ce qu’il en est et connaître les étapes à venir », a indiqué Catherine Risacher, une citoyenne, lors de la période de questions, faisant valoir du même coup que ce terrain est utilisé comme stationnement incitatif lors des opérations de déneigement.

Pour sa part, Julien Olivier, un autre résident, a suggéré que l’on y prolonge le parc existant et que l’on y aménage des jardins communautaires.

« Je suis très surpris de constater que vous allez de l’avant avec ce projet sans avoir consulté les résidents du quartier. On peut facilement proposer d’autres alternatives pour cet espace. On pourrait y faire un parc, des jardins communautaires ou une combinaison des deux en laissant quelques places de stationnement destinées aux voitures Communauto. Le voisinage aimerait être consulté avant que les grosses décisions ne soient prises », a-t-il laissé savoir, soulignant que l’on retrouve peu de parcs dans le secteur Mile End.

« On a le potentiel de reverdir une zone qui est asphaltée pour donner plus d’espace, plus d’occasions d’évasion et plus de soleil aux jeunes des centres de la petite enfance (CPE) qui fréquentent le parc Villeneuve. Oui, il faut du logement social, mais il faut que ça se fasse à des endroits qui ne sont pas zonés parc », a ajouté Lydia Lamontagne, une citoyenne qui habite le quartier.

Un parc… de stationnement!

Le maire de l’arrondissement, Luc Ferrandez, a rappelé que malgré son zonage, le terrain de stationnement n’a jamais été un parc. De ce fait, sa conversion en logements sociaux n’entraînerait aucune perte d’espace vert.

Son conseiller Richard Ryan a mentionné que des démarches étaient en cours pour modifier le zonage du terrain occupé par le Champ des possibles – situé entre les avenue De Gaspé et Henri-Julien ainsi que la voie du canadien Pacifique – afin qu’il devienne un espace vert reconnu. Il rappelle que la superficie de ce terrain est supérieure à celle du stationnement. Ainsi, aucun espace vert ne serait « perdu », selon lui.

« Tout le monde veut du logement social, mais peu de gens font les efforts nécessaires pour que ça se réalise. On a donc négocié avec l’administration centrale la possibilité d’acquérir trois propriétés de la Ville, dont le fameux terrain de stationnement. Il y aura une opération cadastrale pour en changer le zonage », a informé M. Ryan.

Les élus ont indiqué que le projet de construction de logement social en était encore à la phase embryonnaire et qu’aucune étude n’avait encore été réalisée. Ils ont assuré que les citoyens seraient rencontrés afin de connaître leur position sur le sujet. Néanmoins, les membres du conseil ont affirmé qu’ils avaient la ferme intention d’aller de l’avant avec cette initiative, puisque les sites disponibles se font rares.

« Il est extrêmement difficile de trouver des terrains pour le logement social, puisqu’ils sont très chers. Il faut donc se rabattre sur les terrains de la Ville. Pour un terrain actuellement utilisé comme stationnement, la perte de jouissance est moindre que si on parlait du parc La Fontaine.

« Des terrains, il n’y en a pas. Il faut se battre pendant des mois pour en trouver. Québec se bat avec Ottawa, Montréal se bat avec Québec et les arrondissements se battent avec Montréal pour avoir des enveloppes de financement. Quand on a eu un oui [pour ce projet], on l’a tout de suite annoncé, mais on est loin de voir la pépine creuser sur le terrain. Par contre, on va tout faire pour que ce projet se réalise », a indiqué le maire Ferrandez, rappelant qu’il souhaite ainsi prévenir l’embourgeoisement du quartier.

Le projet en bref

Le bâtiment projeté comptera 28 unités destinées aux familles.

« Habituellement, lorsqu’on parle d’unités-famille, il s’agit d’appartements de trois chambres à coucher et plus », indique François Goneau, chargé de communication à la Ville-centre.

Il soutient que le projet sera piloté par le groupe de ressources techniques Atelier habitation Montréal et devrait prendre la forme d’une coopérative d’habitation nommée « La Familiale ». L’échéancier des étapes subséquentes et des travaux n’est pas encore connu.

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