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Le Plateau-Mont-Royal

L’été en novembre

Mathieu Lafontaine, alias Matt Track, dévoile le dernier opus d’une série de disques à l’image des quatre saisons. Avant que l’hiver se pointe le bout du nez, l’auteur-compositeur-interprète, résident du Plateau-Mont-Royal, nous livre ainsi ses mélodies « feel good » d’été. Un petit remontant pour temps gris.

Après qu’une demande de subvention pour la création d’un disque lui ait été refusée, il y a plus d’un an, l’auteur-compositeur-interprète de 28 ans et son équipe ont l’idée de concocter quatre EP (extended play) – un format musical entre l’album et le single – à l’image des quatre saisons. Notamment parce qu’un EP coûte moins cher à produire et parce cette méthode permet de renflouer les coffres entre chaque disque. « C’est aussi parce que ça fait quelque chose de nouveau à dire pendant un an », précise Matt Track. L’idée de suivre le fil des saisons lui est venue naturellement. « Comment diviser une œuvre en quatre? En s’inspirant des saisons !, s’exclame le musicien. On vit dans un pays où le cycle des saisons est très présent. Ça affecte nos humeurs… »

Le premier album, Leaf, qui représente l’automne en chansons selon Matt Track, est paru en octobre 2010. Le second, Frost, – pour hiver! – est sorti en février dernier, alors que le troisième, Spring, a vu le jour début juin. Le disque de l’été, simplement intitulé -4-, a été lancé le 28 octobre à l’Inspecteur Épingle, rue Saint-Hubert. « Ç’a été un exercice de création de réaliser ces disques dans un délai serré. Le temps compressé m’a forcé à être plus efficace dans mon processus », a confié Mathieu Lafontaine.

L’été en musique R2:Les chansons qui figurent sur l’album -4- ont été composées et enregistrées cet été. « J’ai cherché à créer un album estival sans tomber dans les clichés », a-t-il lancé. Ce dernier a ainsi évité le reggae pour créer un album « feel good », dans lequel un instrument, « le base synt », apporte un côté « épico-galactique », au dire du jeune homme de 28 ans. La dernière chanson, qui a été enregistrée dans une bâtisse industrielle, débute sur un chant de grillon. « C’est une dernière trace du dehors qui entre pour clôturer le projet », illustre-t-il.

L’idée initiale était de concocter des albums « roots », sans flafla. Pour cet opus – comme pour les trois autres – Matt Track s’est donc entouré de deux acolytes : Francis Gaulin à la batterie, Jeremi Roy à la basse/contrebasse et nul autre que lui-même à la guitare acoustique. Quelques chansons des trois premiers disques ont été enregistrées à l’extérieur pour « capturer un brin de la saison en son ». Pour -4-, il a choisi d’enregistrer en studio. « On voulait apporter une différence. La groove est plus mordante, les arrangements plus croquants », affirme celui qui qualifie sa musique de folk-pop-rock. « C’est une pop assez accessible, mais j’ai composé certaines chansons sans refrain pour casser le moule standard », ajoute le musicien francophone, dont la langue de prédilection est l’anglais. « Le chemin qu’on prend pour dire quelque chose quand ce n’est pas notre langue maternelle donne une saveur différente [au texte], estime Matt Track. J’ai essayé d’écrire en français, mais je n’ai pas été capable de dire ce que je voulais ».

Et pourtant, le jeune homme planche déjà sur un prochain album country qui, lui, sera chanté en français. « Ce disque aura un côté kitsch assumé », avance-t-il. Mangeras-tu ma patate douce ? est l’un des titres qui figureront sur le disque ! « Je ne suis pas capable d’écrire sérieusement en français ! », conclut-il

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