Ginette Laporte est infirmière au CLSC du Plateau depuis 11 ans. L’année dernière, elle s’est portée volontaire pour travailler à la promotion du Programme québécois de dépistage du cancer du sein (PQDCS), mis sur pied en 1998 par la Direction de santé publique de Montréal (DSP). Son mandat : atteindre et maintenir un taux de participation de 70 % des femmes ciblées par le programme.
Le PQDCS s’adresse spécifiquement aux femmes âgées entre 50 et 69 ans. Au Québec, grâce à l’implantation de ce programme, chaque femme se situant dans cette tranche d’âge et figurant sur la liste de la Régie de l’assurance maladie reçoit chez elle une lettre lui suggérant fortement de passer une mammographie. Cette lettre tient lieu de prescription médicale et contient toutes les informations nécessaires pour une prise de rendez-vous rapide – dont une liste détaillée des centres de dépistage où la mammographie est pratiquée. L’attente pour une mammographie dépasse rarement deux semaines. Les résultats sont ensuite acheminés chez la patiente par le biais d’une missive et un suivi médical s’établit au besoin. Si les résultats s’avèrent normaux, la patiente recevra une lettre de rappel tous les deux ans, et ce jusqu’à 69 ans.
Même si, depuis 1998, plus de 160 000 Montréalaises ont bénéficié du PQDCS, le taux montréalais de participation est de 42,5 %, alors que l’objectif fixé par le programme est de 70 %. Au 30 juin 2008, le taux de participation s’établissait à 45 % sur le territoire du CSSS Jeanne-Mance, qui comprend les CLSC du Plateau, Saint-Louis-du-Parc et des Faubourgs.
Constatant un faible taux de participation, malgré le fait qu’il s’agisse d’un service gratuit, la DSP a mandaté des infirmières pour faire la promotion du programme auprès des femmes de leur territoire respectif. Depuis janvier 2011, Ginette Laporte constitue la seule infirmière clinicienne du CSSS Jeanne-Mance se consacrant au dépistage du cancer du sein. « Comme femme, je me suis peut-être sentie interpellée parce que j’ai 52 ans et que je suis dans le groupe d’âge visé. Comme infirmière, j’ai voulu prévenir le cancer du sein », a confié Mme Laporte.
Outre le PQDSC, qui s’adresse uniquement aux femmes de 50 à 69 ans, il n’existait aucun programme spécialisé en prévention du cancer du sein au CSSS Jeanne-Mance. « Au début de mon mandat, j’ai d’abord cherché des outils de prévention pour toutes les femmes, peu importe l’âge », a dit Ginette Laporte. Peu de temps après, en accord avec la DSP, elle a distribué dans les CLSC du territoire des dépliants de la Fondation du cancer du sein destinés aux femmes de tous âges. Parce que même si la maladie touche davantage les femmes de 50 ans et plus (à 50 ans, une Québécoise sur 50 est atteinte), les chiffres de la société canadienne du Cancer démontrent qu’une Québécoise sur 217 est atteinte à l’âge de 40 ans.
Actions concrètes
En octobre (le mois de la sensibilisation au cancer du sein), dans le cadre du PQDCS, Ginette Laporte a animé différents kiosques d’information érigés à l’entrée des CLSC du CSSS Jeanne-Mance et des cliniques de médecine familiales du territoire. Assise à une table, elle a interpellé les femmes et répondu à leurs questions sur la maladie. Pour l’occasion, elle était notamment munie de dépliants et d’un porte-clés constitué de quatre petites boules qui démontrent concrètement que la mammographie permet de détecter des masses infiniment plus petites qu’un simple auto-examen des seins.
Jusqu’en juin 2012, l’infirmière espère visiter quelque 10 centres communautaires du territoire desservis par le CSSS Jeanne-Mance, et ainsi sensibiliser à la cause les femmes qui fréquentent les lieux. Pour l’heure, Mme Laporte n’a visité qu’un seul endroit : le Centre d’éducation et d’action des femmes de Montréal (CÉAF), basé dans le Centre-Sud. « Nous avons parlé de la santé du sein, des expériences personnelles des femmes par rapport à la mammographie. Mon rôle est de comprendre leurs besoins et leurs peurs face au dépistage. Il faut aussi aller chercher les mythes ou les préjugés qui expliquent que les femmes ne participent pas assez au programme », explique-t-elle.
« Jusqu’à maintenant, j’ai recueilli des témoignages, j’ai cherché à savoir pourquoi le taux de participation au PQDSC était faible, poursuit-elle. Certaines femmes m’ont parlé de la crainte du diagnostic, d’autres de la peur de douleurs lors de la mammographie. Mais on est encore au stade des hypothèses », avance l’infirmière, visiblement décidée à trouver des réponses à ses questions.
Pour plus d’informations, communiquez avec Ginette Laporte au 514 521-7663, poste 6130 ou ginette.laporte.jmance@ssss.gouv.qc.ca