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Le Plateau-Mont-Royal

Histoires de grands

Pour la 17ème édition des Contes urbains, un spectacle qui s’inscrit aujourd’hui comme une véritable tradition du temps des Fêtes, le Théâtre Urbi et Orbi fait appel aux conteurs de notre enfance afin de livrer au public des histoires qui n’ont rien d’enfantin. Jusqu’au 17 décembre, Marcel Sabourin (La Ribouldingue), Louisette Dussault (La Souris verte) et Marie Eykel (Passe-Partout), fouleront notamment les planches du Théâtre La Licorne. De sa voix tendre et naïve, notre Passe-Partout nationale a marqué l’imaginaire de milliers de québécois, aujourd’hui dans la trentaine. Le Plateau l’a rencontrée.

Les Contes urbains offrent cette année aux spectateurs sept courts spectacles. Comme à l’habitude, les acteurs, seuls sur scène, racontent au public une historiette qui doit trancher d’avec le ton folklorique qu’adoptent traditionnellement des contes de Noël.

Écrite par l’auteure Chrystine Brouillette, la courte nouvelle qu’interprète Marie Eykel, intitulée Une certaine lassitude , semble respecter le mandat. C’est du moins ce que la principale intéressée laisse entendre. « C’est du Chrystine Brouillette, mais ça pourrait être du Agatha Christie, lance Marie Eykel, un sourire coquin à la commissure des lèvres. Ça se passe dans un milieu assez huppé. Il y a de la bonne nourriture, du bon vin… et du sang. Mon personnage éprouve une certaine lassitude vis-à-vis de son mari qui ne l’écoute pas, qui ne respecte rien de ce qu’elle est. Qui la trompe à tour de bras depuis des années ».

Avant de se lancer dans l’aventure, Marie Eykel et Chrystine Brouillette ne se connaissaient pas personnellement. Mme Eykel a donc suggéré à l’écrivaine québécoise de « mêler ses ingrédients gagnants pour lui concocter une histoire ». La comédienne a reçu le texte à la mi-octobre. « C’était un défi intéressant pour Chrystine Brouillette de me faire jouer quelqu’un qui n’a rien à voir avec Passe-Partout », souligne Marie Eykel.

Une habituée des contes

Même si c’est la première fois que Marie Eykel monte sur scène dans le cadre des Contes urbains, elle se considère comme une habituée de l’événement. « J’y ai participé comme spectatrice pendant plusieurs années. J’ai toujours adoré me faire raconter des histoires, lance-t-elle. Et c’est l’endroit idéal pour ça. Dans une même soirée, tu te fais raconter des histoires plus noires ou plus douces, en passant par des joyeuses, des tristes ou des violentes. Pour quelqu’un qui aime les histoires, c’est le paradis! »

L’affection qu’elle voue à l’univers des contes semble découler de souvenirs d’enfance. « Le jour de l’An, ma grand-mère qui était Irlandaise nous racontait des histoires de fantômes. On était suspendu à ses lèvres, peut-être que ça [l’amour des contes] me vient de là », dit Marie Eykel, ajoutant que la dimension urbaine du conte l’interpelle particulièrement : « Il y a quelque chose de particulier dans les contes urbains. Ce ne sont pas de belles petites histoires de flocons de neige et de sleigh qui se promènent en silence ».

Un concept qui l’a tellement accrochée, qu’elle a pris l’initiative, il y a quelque temps, de contacter le dramaturge Yvan Bienvenue, cofondateur des Contes urbains et du Théâtre Urbi et Orbi, pour lui offrir ses services de comédienne . « J’avais osé l’appeler il y a quelques années pour lui dire « Yvan, j’adore ça les contes urbains. Si jamais t’as besoin de quelqu’un, je suis là… » », confie Mme Eykel.

Le dramaturge l’a rappelée au début de l’été pour lui demander de participer à cette 17ème mouture des contes urbains, consacrée aux conteurs de notre enfance. En effet, qui de mieux que Marie Eykel pour incarner les tendres souvenirs de ceux qui représentent aujourd’hui la génération Passe-Partout ? « Je me fais arrêter plusieurs fois par jour, même après toutes ces années. Je porte cette série-là, avance celle qui travaille maintenant comme coordonnatrice et animatrice en médiation culturelle. Je suis consciente de la place que Passe-Partout occupe dans l’imaginaire collectif de cette génération. J’ai beaucoup de confidences. Je sais que ça a marqué l’imaginaire, la façon de penser et la façon de vouloir être autonome de cette génération », conclut-elle.

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