Étoile de la danse contemporaine reconnue à l’échelle mondiale, Louise Lecavalier a longtemps été considérée comme la figure emblématique de la compagnie La La La Human Steps, avec laquelle elle a évolué de 1981 à 1999, pendant près de deux décennies. Pas étonnant qu’elle ait été consacrée, l’automne dernier, toute première lauréate des Prix de la danse de Montréal. Une reconnaissance destinée à souligner «sa carrière fructueuse en tant qu’interprète audacieuse et brillante, qui a séduit le public par sa prodigieuse énergie et sa technique unique». Après Montréal, Toronto et plusieurs autres villes américaines et européennes, voici enfin l’occasion de la voir en performance sur les planches de la salle Pauline-Julien cette semaine.
«J’avais envie de danser en duos cette fois. Comme le dernier spectacle que j’ai présenté avec ma compagnie comprenait uniquement des solos, j’ai réalisé que c’est ce qui me manquait. Je voulais retrouver cet esprit-là, or c’est la seule façon dont j’ai orienté la création de Nigel pour Children, le premier duo de 50 minutes», explique Louise Lecavalier. «Nigel Charnock est un chorégraphe britannique très connu et je lui ai demandé de créer une pièce pour un ou deux danseurs et moi. Il est arrivé avec une proposition, qu’on a ensuite travaillée ensemble. On a gardé le thème de la solitude à deux, mais dans une perspective plus orientée vers le monde de l’enfance. Pas dans le sens où on imite des enfants, plutôt dans l’énergie très jeune et vivante qui s’en dégage. On bouge beaucoup et nos corps sont extrêmement sollicités. C’est intense et très physique. Je ne sais d’ailleurs pas si Nigel s’attendait à une interprète de cinquante ans aussi en forme!», remarque-t-elle en riant.
«Il y a donc cette petite trame, où on peut imaginer un couple dans sa vie de famille avec ses enfants. Une trame qui se lit, même si elle n’est pas racontée sur un mode narratif. Le ton est léger, les musiques sont éclatées et on retrouve cette nature d’enfant qu’on a tous en nous. Alors qu’on cherche la rencontre et qu’on cherche l’autre, en se cherchant un peu soi-même au fond», révèle Lecavalier. Sur des airs de Leonard Cohen, Miles Davis, Billie Holiday, Richard Desjardins, Janis Joplin et Giacomo Puccini, elle est accompagnée sur scène des danseurs Patrick Lamothe et Keir Knight. Dans une production qui comprend aussi le duo A Few Minutes of Lock, offrant à la blonde interprète l’opportunité de replonger dans l’univers de son acolyte de longue date Édouard Lock. «L’idée était dans un tiroir dans mon cœur et dans ma tête depuis un moment. Plutôt que d’attendre le moment opportun pour collaborer de nouveau avec lui, j’ai pensé reprendre son travail. Parce que j’ai toujours aimé danser ce qu’il crée. C’est un style plus abstrait, une danse très construite qui ne cherche pas à narrer quelque chose. On est vraiment dans l’ancien vocabulaire d’Édouard, dans l’époque de La La La. C’est toute une redécouverte pour moi de réapprendre les chorégraphies, que je n’ai dansé que six mois seulement, avant de quitter la compagnie en 1999», observe-t-elle en terminant.
Louise Lecavalier présentera les duos Children et A Few Minutes of Lock à la Salle Pauline-Julien le mardi 31 janvier prochain, à 20h. Le spectacle sera précédé d’un apéro-danse à 19h15, avec la journaliste spécialisée en danse de La Presse Aline Apostolska. Une rencontre avec les artistes suivra également la représentation.