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Ouest-de-l’Île

Un appel au secours

Ewan Sauves

Un homme de Sainte-Geneviève ne sait plus vers qui se tourner, après que son appartement ait pris feu le 2 mai

Jocelyn Hébert est assis sagement devant l’immeuble qu’il habite, situé au 10, rue Sainte-Anne à Sainte-Geneviève. Café d’une main, cigarette de l’autre, il contemple ce qu’il en reste. «Tout a brûlé. Tout a sauté. Je n’ai plus de cuisine, plus de salle de bain, plus rien», partage-t-il d’une voix tremblante.

Sa mésaventure a débuté il y a un peu plus d’une semaine. Le mercredi 2 mai, Jocelyn Hébert s’est levé vers 6h40 du matin pour faire son café matinal et préparer sa fille de 12 ans pour l’école. Cinq minutes plus tard, le père monoparental courait pour sa vie. «La femme qui habite en bas a mis son linge dans le four pour le réchauffer et quand ça a pris feu, elle a jeté les vêtements sur le balcon, dit Jocelyn Hébert d’un trait. J’ai crié à ma petite fille « Prends le téléphone et sort d’ici! ». Je n’avais pas vu que c’était si gros [comme feu].»

Devant l’ampleur du braisier, M. Hébert a pris son courage à deux mains et a frappé à coup de poing et à coup de pied sur toutes les portes de l’appartement. Il n’a pas eu le temps de prendre ses affaires personnelles. «J’ai sorti le petit gars de la madame qui a mis le feu, d’autres aussi, mais j’ai tout laissé: mes clés, mon portefeuille… Si ce feu était arrivé un samedi, il y aurait eu plus de monde à secourir parce qu’à 6h45, tout le monde dort.»

Le journal Cités Nouvelles est allé visiter le lieu du sinistre. À l’intérieur de l’édifice, une odeur importante de fumée envahissait encore l’endroit, une semaine après l’incident. Quant à la cour arrière du 10 rue Sainte-Anne, les murs sont tous noircis ou décomposés.

Aucune nouvelle de la ville

Au chômage depuis plusieurs années, Jocelyn Hébert était bénéficiaire de l’aide sociale jusqu’au mois dernier. Maintenant sans domicile fixe et sans rentrée d’argent, il est au bord du désespoir. «La Croix-Rouge m’a aidée les trois premiers jours après le feu, j’ai pu dormir dans un hôtel, avoue-t-il, les yeux mouillés. Mais je n’ai eu aucune nouvelle de la ville, personne ne m’a demandé quoi que ce soit. Je suis tout seul.»

Un de ses amis a accepté de l’héberger avec sa fille, le temps qu’il trouve un nouvel appartement. Le hic? Ce proche habite à Salaberry-de-Valleyfield, à une heure de Sainte-Geneviève. «Je fais le trajet deux fois par jour, parce que ma fille doit finir son année scolaire. Juste en gaz, ça va me coûter plus de 1000$ en déplacement! Je n’ai pas tout cet argent à mettre en gaz!»

La journée, alors que sa fille est à l’école primaire, Jocelyn Hébert tente de retrouver ses chats, disparus le jour de l’incendie. Mardi, le père a tenté de mettre la main sur le rapport officiel des pompiers, mais le document n’était pas encore finalisé. «Pourquoi ça m’arrive à moi? J’ai aidé beaucoup de personnes dans le passé. Je ne mérite pas ça», se désole Jocelyn Hébert.

Pour lui venir en aide, communiquez avec Jocelyn Hébert au 514-582-7295.

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