À la suite des révélations-chocs de Lino Zambito à la Commission Charbonneau, visant le financement d’Union Montréal, les maires d’arrondissement Monique Worth et Richard Bélanger ont réagi lundi soir.
M. Zambito, ancien entrepreneur en construction, a indiqué à la Commission, lundi, que le parti au pouvoir depuis 2001 avait reçu, par l’intermédiaire d’un proche de la mafia italienne montréalaise, 3% de la valeur des contrats réalisés par son entreprise pour la Ville de Montréal depuis 2005.
De lourdes accusations, d’autant plus que tous les conseillers des deux arrondissements de l’Ouest-de-l’Île siègent sous la bannière d’Union Montréal.
«Zambito dit n’importe quoi», croit Monique Worth
«Ce sont des révélations choquantes, mais ce ne sont que des allégations», a indiqué Mme Worth, mairesse de Pierrefonds-Roxboro, en entrevue avec le journal Cités Nouvelles, lundi soir. «On ne sait pas pour qui M. Zambito travaille, qu’est-ce qui le pousse à dire ce qu’il dit?», a rajouté le conseiller d’arrondissement Bertrand Ward.
Selon Mme Worth, M. Zambito est un personnage peu crédible qui mérite méfiance. «Qui est vraiment M. Zambito? Il s’assoit à la Commission et il peut dire n’importe quoi, sans se faire contredire», explique-t-elle.
Deux citoyens ont demandé des clarifications à ce sujet lors de la période de questions du conseil d’arrondissement. L’un d’eux s’est offusqué de devoir payer davantage de taxes à cause de ces présumées magouilles. «Non, nous ne payons pas plus!», a rétorqué le conseiller Christian Dubois, appuyant la position de la mairesse.
Mme Worth a tenté de calmer le jeu en rappelant que la Commission allait faire son travail en temps et lieu. «Je ne crois pas que le maire Tremblay mette 3% des contrats dans ses poches. Une seule personne a fait ces allégations. Laissons tout cela passer et nous verrons après ce qu’il en est vraiment».
Un deuxième citoyen a rappelé que l’entreprise Construction Catania, dont le président Paolo Catania a été arrêté par l’escouade Marteau en mai dernier, a obtenu en 2008 et 2009 des contrats de plusieurs millions de dollars pour des travaux en cours à l’usine de production d’eau potable de Pierrefonds.
Mme Worth soutient que les contrats octroyés pour de tels travaux ne sont pas alloués par les arrondissements. «Les contrats ont été attribués par la Ville centre et nous n’avons pas vraiment de contrôle là-dessus», dit-elle.
Impliquée en politique municipale depuis 1990 et mairesse de Pierrefonds depuis 11 ans, Mme Worth dit ne jamais avoir été au courant de telles pratiques à la Ville de Montréal.
À savoir ce qu’elle ferait si les révélations de M. Zambito étaient prouvées, elle a répondu par un laconique «on verra».
«Attendons le rapport», dit Bélanger
Dans l’arrondissement de L’Île-Bizard-Sainte-Geneviève, René Gervais, conseiller indépendant à l’île Bizard de 1991 à 1995, a questionné le maire Bélanger au sujet des révélations de la Commission Charbonneau. «Étiez-vous au courant au sujet du 3%?», a demandé M. Gervais. Le maire d’arrondissement a aussitôt répondu par la négative. «Pour l’instant, je n’ai aucun autre commentaire à ajouter à part de dire que la Commission Charbonneau fait son travail» a répondu Richard Bélanger.
En entrevue à Cités Nouvelles, l’élu a donné une réponse plus complète. «Moi, le premier en tant que maire d’arrondissement, j’ai voté à plusieurs reprises en faveur d’une commission d’enquête. Oui, il y a des allégations, mais il faut attendre que la Commission (Charbonneau) soumette son rapport. S’il y a des sanctions à prendre, ça sera à la Commission de le dire», a-t-il résumé.
M. Bélanger a souligné que jamais lui ou ses conseillers municipaux n’ont été visés par de pareilles allégations.
Le maire d’arrondissement a ensuite parlé de l’existence d’une liste noire. «On a une black-list des compagnies qui ont été accusées. La directrice d’arrondissement, mon directeur des travaux publics et moi avons cette liste. Il n’y a pas un contrat qui a été donné à ces gens-là. Pour tous les contrats qu’on donne, on s’assure que les gens concernés ne soient pas sur la black-list», a assuré M. Bélanger.