Ewan Sauves
Les travaux sur la rue Sainte-Anne devrait bientôt être chose du passé.
Lueur d’espoir pour les commerçants de la rue Sainte-Anne: la saga des travaux tire à sa fin. C’est du moins ce qu’a promis la Ville, alors que l’exposition d’automobiles classiques «Ça roule au bord de l’eau» prendra son envol dès le 16 juin. Il s’agirait donc de la nouvelle date butoir pour ranger pelles et tractopelles. Si l’on se fie aux années précédentes, il risque d’avoir beaucoup de monde sur la rue Sainte-Anne pour admirer ces antiques.
«La majorité des travaux sera terminée le 24 juin. Pour l’événement, nous allons paver la route et aménager la plupart des trottoirs, indique le directeur général de Sainte-Anne-de-Bellevue, Martin Bonhomme. Ce sont des travaux difficiles, car nous creusons dans une rue existante où les services sont là depuis plus de 40 ans. Il y a aussi de nombreux vestiges archéologiques.»
Les constructions sur la rue Sainte-Anne ont débuté en 2009. Les travaux ont pour objectif de restaurer la rue, d’enfouir le réseau de fils électriques d’Hydro-Québec et de changer le système d’égouts et d’aqueducs centenaire, qui est à la source de nombreux bris d’eau dans le secteur. Complétées l’année dernière, les phases 1 et 2 touchaient la partie à l’ouest et à l’est des commerces de la rue Sainte-Anne. La phase 3 des travaux de réfection, débutée en septembre 2011, touche la portion de rue où se situe la majorité des commerces de la ville, soit entre les rues de l’Église et Lalonde. Le projet a toutefois pris fin le 1er décembre dernier pour la saison hivernale, pour reprendre le 12 mars 2012, selon Martin Bonhomme. «On a arrêté pendant l’hiver essentiellement parce que ça coûte plus cher, poursuit le directeur général. Aussi, il faut installer un réseau d’aqueduc temporaire pour les commerces et on ne peut pas le mettre en place pendant l’hiver parce que ça peut geler.»
Sur le qui-vive
La tension est palpable sur la rue Sainte-Anne. Cônes orangés, grillages, trous profonds, trottoirs étroits… les commerçants travaillent au milieu d’un vrai chantier. C’est le cas, entres autres, de Jean-Claude Provost, président de la Société de développement commerciale (SDC) de Sainte-Anne-de-Bellevue et propriétaire du café Au Bout De l’Isle. Depuis novembre dernier, ses clients doivent s’aventurer à leurs risques et périls pour déjeuner dans son commerce. «Nous autres, il faut comprendre que la saison commence le 15 février. À Sainte-Anne-de-Bellevue, du 15 septembre au 15 février, tu peux fermer la ville parce que ça ne changera rien, indique Jean-Claude Provost. Le 15 février, c’est parti, les gens commencent à venir se promener dans les restos et les boutiques. Sauf que là, la rue est à moitié fermée.» Le président de la SDC ajoute que son restaurant vit de 50% de clientèle régulière et 50% de passants. «On a plus de passants. Il n’y a plus personne qui se promène dans la rue.»
Un avis partagé par Benedicta Porter, cogérante et vice-présidente de la Coopérative du Grand Orme, un magasin général éco-local. Elle mentionne que son entreprise connaît des moments difficiles, financièrement parlant. «On a remarqué une réduction importante de nos ventes. Heureusement, on a les ventes de nos membres qui sont fiables, car nous sommes une coopérative. Comme il est très difficile de marcher sur la rue, les clients ne viennent pas.»
Promesses non tenues?
Jean-Claude Provost blâme haut et fort la Ville. Selon lui, l’ex-chef de service pour le Service de l’ingénierie et de l’urbanisme, Daniel Doran, qui a remis sa démission en septembre dernier, n’a pas respecté ses engagements. «Il a toujours promis qu’en tout temps, il y aurait des passerelles pour les piétons et que toutes les places avec des entrées auraient des passerelles. L’entrepreneur a refusé de nous écouter, critique le propriétaire. Ces travaux n’étaient pas supposés se faire sauvagement, mais de façon civiliser et qu’en tout temps, tout le monde allait avoir accès à ses commerces.»
Martin Bonhomme, qui occupe le poste de chef de service pour le Service de l’ingénierie et de l’urbanisme depuis le départ de Daniel Doran, indique que la Ville annoncera prochainement des programmes pour organiser des activités sur la rue et en faire la promotion. «Présentement, on travaille avec la SDC pour promouvoir la rue Sainte-Anne dès que les travaux seront complétés, pour faire rayonner nos commerces et adopter les conditions gagnantes.»
Si tout se passe comme prévu, la rue Sainte-Anne à Sainte-Anne-de-Bellevue fera peau neuve vers la mi-juin. Malgré les contestations de plusieurs commerçants, certains ont hâte d’assister à ce renouveau de la vie sociale et économique de la ville. «C’est bon de savoir qu’il reste seulement un mois de travaux. Nous sommes très optimistes, pense Dwayne Baker, propriétaire du magasin de chaussures et accessoires Pragaï Addiction. Nous sentons que ça va être un nouveau départ pour le village. Ça va être très beau, j’en suis sûr!»