Les dés sont jetés pour les six employés du dépanneur Couche-Tard d’Antoine-Faucon, qui ont annoncé vendredi dernier à leur employeur leur désir de se syndiquer. La requête en accréditation a été envoyée par la Confédération des syndicats nationaux (CSN) à la commission des relations du travail.
Le dépanneur de l’Ouest-de-l’Île devient le 5e commerce de ce groupe à se syndiquer depuis un an, alors que la CSN a lancé une campagne dans les dépanneurs de l’entreprise de Laval. Sur les cinq dépanneurs nouvellement syndiqués, deux d’entre eux ont été fermés par Alimentation Couche-Tard cet automne.
Les succursales en question ont été fermées à Montréal. L’un des commerces fermés était situé au coin des rues Iberville et Jean- et l’autre au coin de Saint-Denis et Beaubien. La CSN prétend que le geste est antisyndical. Selon la compagnie, ces succursales n’étaient pas rentables. La cause est devant les tribunaux. À ce jour, aucune convention collective n’a été ratifiée, deux succursales de Saint-Liboire et de l’arrondissement Saint-Hubert à Longueuil sont en négociation.
Cette semaine, la CSN a organisé une manifestation devant le dépanneur de St-Liboire, qui compte 32 employés. En route, le vice-président syndicat de la Fédération du commerce David-Bergeron-Cyr a mentionné que les employés du Couche-Tard de Pierrefonds comptaient des étudiants qui travaillent à temps partiel, mais également des soutiens de famille. Pour eux, cet emploi n’est pas temporaire, en attendant le diplôme.
Selon la CSN, la plupart des préposés sont payés au salaire minimum, parfois quelques cents de plus. Mais au-delà de la question salariale, c’est aussi les questions de santé et sécurité au travail qui préoccupent le syndicat. «Le bouton panique n’est pas toujours là. Parfois même, lorsque la compagnie acquiert un dépanneur, elle le fait enlever. Des employés qui travaillent dans des quartiers chauds de Montréal ont de la difficulté à obtenir une vitre, pour leur sécurité», note le porte-parole de la CSN, Jean-Pierre Larche. Celui mentionne que l’entreprise a eu plus de 280 plaintes devant la Commission des normes du travail depuis le 1er avril 2005.
La suite des choses pour les employés de la succursale d’Antoine-Faucon? Le certificat d’accréditation sera émis probablement en janvier. À partir de ce moment-là, les négociations débuteront pour les employés de la succursale. À noter que le Couche-Tard de Pierrefonds n’est pas une franchise. C’est le cas de la plupart des dépanneurs de ce groupe en Amérique du Nord. Il n’a pas été possible de parler avec un porte-parole d’Alimentation Couche-Tard avant d’aller sous presse.
Alimentation Couche-Tard, c’est:
53 000 employés
19 milliards $ en chiffre d’affaires en 2011
370,1 millions $ en bénéfice net pour 2011, une hausse de 22,2 % comparé à 2010.
25 millions de clients par semaine
Des commerces en Amérique, en Chine, au Japon, en Indonésie…
Coup d’œil sur les demandes syndicales
Quatre jours de congé pour maladie par année
Un salaire de 12,50$ pour un commis après quatre ans de service, soit au haut de l’échelle salariale.
Un bouton d’urgence pour avertir les policiers.
Un meilleur suivi psychologique lorsque l’employé a été victime d’un événement traumatisant dans le cadre de son travail.
Des règles objectives pour établir l’horaire des employés et l’obtention de postes.
(Ces demandes ne sont pas spécifiques au projet de convention collective du dépanneur de Pierrefonds, qui n’a pas encore été élaboré. Elles viennent des demandes syndicales des quatre autres dépanneurs qui ont reçu leur accréditation.)