Depuis six ans, la Journée mondiale de lutte contre la maltraitance des personnes âgées a lieu le 15 juin à l’initiative de l’INPEA (International Network for the Prevention of Elder Abuse). Des organismes de l’Ouest-de-l’Île ont décidé de se mobiliser pour combattre ce problème grandissant en formant la Table des abus contre les aînés.
La maltraitance envers une personne aînée peut se manifester de manière physique, psychologique, émotionnelle, sexuelle, matérielle ou financière. La négligence et la violation des droits de la personne sont aussi des formes de maltraitance.
Dans un cas, une dame âgée se faisait aider par son fils qui lui, profitait de l’occasion pour soutirer des milliers de dollars du compte bancaire de sa mère. Il a fallu un certain temps avant que ce geste soit rapporté à l’attention des autorités bancaires.
«Ça a pris beaucoup d’efforts pour convaincre la dame et les autorités bancaires. Nous l’avons accompagné dans cette démarche», souligne Hélène McGregor de l’organisme Parrainage Civique de la Banlieue Ouest. «C’est difficile pour les parents d’aller contre leurs enfants même s’ils profitent d’eux.»
Cette situation s’est résolue quand la personne âgée a révoqué le pouvoir de mandat bancaire de son fils.
Dans un autre cas, une femme aînée a été évincée de la maison familiale lorsque son fils a décidé de la vendre. Elle a fini dans une ressource d’hébergement à Montréal, isolée de son réseau social vivant encore dans l’Ouest-de-l’Île. Éventuellement, elle a été placée dans une résidence pour personnes âgées de la région avec l’aide d’organismes locaux.
«Devant la réticence à dénoncer et le mutisme qui continue trop souvent d’entourer les actes de maltraitance, il importe de rappeler leur caractère inadmissible», précise Marguerite Blais, ministre responsable des aînés.
Une journée de sensibilisation
Le but de la Journée mondiale de lutte contre la maltraitance des personnes âgées est de sensibiliser le grand public aux abus perpétrés à l’encontre des aînés.
La maltraitance peut se produire lorsqu’un agresseur désire intimider, isoler, dominer ou contrôler un autre être humain. Elle peut être vécue par n’importe qui dans n’importe quelle famille ou relation. L’abus n’a pas d’âge, de sexe, de religion, de race, d’ethnie et de culture.
Les aînés peuvent subir de la maltraitance de la part de leur conjoint, de leurs enfants, de leur famille, de fournisseurs de soins ou de services ou d’autres personnes en situation de pouvoir ou de confiance.
Le message est que les aînés méritent le respect; ils ont tous les droits de vivre dans un environnement sécuritaire et il n’y a pas d’excuse pour la maltraitance.
Des numéros à retenir
Si vous craignez pour la sécurité d’un ainé, vous pouvez l’aider. La ligne info-abus (LAAA) 1-888-489-3387 s’adresse tant à un proche, à un intervenant ou à un ainé désirant recevoir un service d’écoute, de référence et d’intervention. Ce service est sans frais, confidentiel et bilingue.
La ligne 1-888-933-9007 (ou 514-933-9007) est une ligne d’écoute et d’information pour les victimes d’agression sexuelle et leurs proches. Cette ligne sans frais est offerte 24 heures par jours, 7 jours par semaine, partout au Québec. Ce service est bilingue et confidentiel.
Au niveau local, il est possible de rejoindre le Parrainage civique de la banlieue ouest au 514-694-5850 qui a un projet sur l’abus envers les ainés, la défense des droits et la crise sociale. L’organisme offre également du support à toutes les personnes âgées désireuses d’améliorer leur qualité de vie.
Le Centre de ressources communautaire 514-694-6404 offre pour sa part un service personnalisé et bilingue de renseignements aux citoyens de la région. Enfin, il est possible de rejoindre le CSSS de l’Ouest-de-l’Île (CLSC Lac Saint-Louis) au 514-697-4110 et leCLSC Pierrefonds au 514-626-2572.