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Ouest-de-l’Île

Les croix de l'école Sainte-Geneviève

Verville Marie-Hélène - TC Media
Il faisait froid en ce lundi soir de réunion du conseil d’arrondissement de L’Île-Bizard-Sainte-Geneviève, il n’y avait pas beaucoup de monde sur les bancs des citoyens. Lorsqu’est venu le temps d’approuver le projet de réfection de la façade de l’école Sainte-Geneviève, un murmure s’entendre parmi les conseillers.

Finalement, François Robert, conseiller et président du comité consultatif d’urbanisme de l’arrondissement, a pris la parole. «On considère que les deux croix de la façade font partie du patrimoine. Nous proposons donc à la commission scolaire de les garder», a-t-il expliqué aux trois résidants présents. Il semble, d’après les conseillers, qu’elles ne figurent pas sur les plans de l’architecte engagé par la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB) pour rénover la devanture de l’école du village Sainte-Geneviève, située sur la rue Sainte-Anne tout près de l’église. Tous les conseillers présents ont voté en ce sens.

Selon les données colligées par Philippe Voisard et Francine Chassé pour la Société patrimoine et histoire de l’île Bizard Sainte-Geneviève, la petite école du village a été construite en 1955 et dessinée par les architectes Lapointe et Tremblay, qui se sont inspirés du courant Bauhaus.  Les deux croix marquaient les entrées distinctes pour les garçons et les filles, elles étaient symétriques et éloignées le plus possible l’une de l’autre.

Suzanne Marceau est la commissaire du secteur, elle s’oppose également à ce qu’on retire les croix de la devanture. «Moi et mon mari (Philippe Voisard), nous sommes d’ardents défenseurs du patrimoine bâti», note la commissaire. Elle souligne que l’école fait partie d’un village dont le caractère exceptionnel a été reconnu par Montréal. «Ça fait partie de notre histoire et si on aseptise tout… on ne doit pas avoir peur de notre histoire.»  Mme Marceau croit au contraire que notre héritage doit nous rappeler le chemin parcouru.

Selon le porte-parole de la CSMB Jean-Michel Nahas, l’architecte du projet a été rencontré par la CSMB au début de la semaine pour faire le point. En décembre dernier, Québec a annoncé la mise sur pied d’une stratégie ministérielle pour la sauvegarde du patrimoine religieux au Québec, stratégie qui clarifiera les actions à mener et le type d’héritage à garder. La CSMB attendra donc cette stratégie avant de prendre la décision de garder ou non les deux croix.

Rejoint au lendemain de la séance du conseil, M. Robert semblait positif quant à l’avenir des croix de l’école Sainte-Geneviève. «On espère qu’ils la conservent, et on a bon espoir que ce soit le cas», a-t-il affirmé.

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