Ewan Sauves
Une jeune sportive de Beaconsfield repêchée par l’équipe nationale de ski acrobatique
«La première fois que j’ai fait du ski, j’avais six ans et je n’ai pas du tout aimé ça!», se souvient Myriam Leclerc en laissant échapper un rire. Sous un soleil radieux, la sportive est assise confortablement sur sa chaise et prend ces quelques minutes de repos pour revenir sur une saison de ski acrobatique des plus mouvementées.
Myriam Leclerc n’a que 19 ans. Malgré son jeune âge, la résidente de Beaconsfield a déjà suivi tout un parcours de combattant. L’année dernière encore, l’adepte du ski acrobatique a participé au Championnat du monde junior, disputé en Finlande. Elle décrochait alors la 15e place. À la fin de l’année, elle s’est vu décerner le trophée Jean-Luc Brassard, remis au meilleur espoir québécois.
C’est toutefois un appel téléphonique qui scella son destin. Il y a un mois – le jour de son anniversaire qui plus est –, son coach sportif lui annonce qu’elle est sélectionnée pour l’équipe canadienne nationale de ski acrobatique 2012-2013 dans la catégorie «bosses». «Je n’arrive toujours pas à le croire, honnêtement, dit Myriam Leclerc, visiblement émue. Je vais partir tout l’été avec des athlètes que je ne connais pas personnellement, d’autres que j’admire et que je vois souvent à la télévision.»
Blessure au genou
S’attendait-elle vraiment à être repêchée? Myriam Leclerc admet que les derniers mois n’ont pas été faciles, tant physiquement que mentalement. Sa première compétition de l’année, en décembre dernier, à Apex en Colombie-Britannique, ne sait pas dérouler comme prévu. «Il y avait des recruteurs de l’équipe nationale et j’étais vraiment stressée. Je me suis mis trop de pression sur mes épaules, je voulais à tout prix bien faire, se remémore la skieuse. Ça n’a pas bien été, je n’ai pas fait les finales.»
La seconde épreuve, qui se disputait à Beaver Valley en Ontario, était la dernière étape de la Série canadienne, avant quatre compétitions importantes surnommées Noram. Une bonne position au classement lors des Noram permet une meilleure visibilité auprès des recruteurs. «Je me suis blessée au genou la vieille, lors de l’entraînement. En fait, j’ai étiré un ligament, alors je n’ai pas pu skier. J’ai été pognée avec un petit down, parce que je manquais une opportunité de montrer que j’étais bonne.»
Myriam Leclerc a refusé de baisser les bras pour autant. Après plusieurs traitements intensifs de physiothérapie et le port d’une orthèse, elle a renfilé ses chaussures et ses skis et a pu participer aux trois dernières compétitions Noram d’Apex, de Val Saint-Côme dans Lanaudière et à Killington au Vermont. Lors de ces épreuves, Myriam s’est surpassée, participant à cinq finales Noram sur six. Lors des qualifications à Val Saint-Côme, elle est même arrivée en 6e position.
Concilier ski et école
Lorsque Myriam Leclerc ne descend pas les pistes du Canada, elle étudie en sciences de la nature au Cégep André-Laurendeau. «Cet hiver, je suivais trois cours à distance. Je n’ai pas vraiment le choix, parce que je ne peux pas me rendre à tous les cours», poursuit-elle. L’athlète de Beaconsfield espère avoir le temps de continuer sa formation l’année prochaine. Elle vise une carrière en physiothérapie.
Que réserve les prochains mois pour Myriam Leclerc? Un programme très chargé! Présentement, elle se trouve à Whistler, en Colombie-Britannique, pour un camp d’entraînement intensif sur neige. Durant l’été, elle s’envolera au Mont Hood, en Oregon aux États-Unis. Tout cela en prévision du grand départ pour la Nouvelle-Zélande, prévu en août.