Le 30 octobre 1995, le Québec a tenu un deuxième référendum sur son indépendance. La date demeure un souvenir indélébile de notre mémoire collective. Si la province a ultimement choisi de demeurer au sein de la fédération, familles, quartiers et communautés se sont déchirés entre les camps du Oui et du Non. Vingt ans plus tard, TC Media a demandé à certains élus montréalais de nous raconter, de leur point de vue, cette journée marquante et de nous parler de l’héritage référendaire.
À Pointe-aux-Trembles, l’option souverainiste a eu le dessus sur le Non avec un résultat de 21 412 voix pour, contre 13 752 votes contre. Au total, 35 713 électeurs se sont prévalus de leur droit de vote pour un taux de participation impressionnant de 94 %.
Nicole Léger, députée de Pointe-aux-Trembles
«Nous étions tous fébriles à l’idée que le Québec pourrait enfin devenir un pays. C’était une soirée enivrante que je ne pourrais jamais oublier, même si nous n’avons pas obtenu les résultats escomptés, dit-elle. Les gens étaient nerveux et anxieux et c’est compréhensible, l’avenir de tout un pays était en jeu.»
Chantal Rouleau, mairesse de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles
«J’étais directrice d’une usine de récupération chez Cascades à Paris. J’ai passé toute la nuit à écouter la radio afin de connaître les résultats. J’étais stressée comme tout le monde au Québec, mais je n’ai pas trouvé cela difficile car j’ai pu tout de même aller voter. On nous avait donné la chance de voter en France, alors j’ai senti que j’ai pu faire partie du processus», raconte Mme Rouleau.
Robert Coutu, maire de Montréal-Est
«Il est toujours bon de se rappeler les événements du passé pour mieux comprendre et envisager un meilleur avenir. Il n’en demeure pas moins qu’en réalité, le Québec doit collaborer et innover dans l’action avec le reste du pays pour assurer son développement. Les principaux indicateurs de performance et résultats actuels au niveau de l’éducation, l’emploi, le PIB, la dette et la productivité ne sont pas favorables à toute forme d’indépendance malgré notre propre identité et notre culture. Cela explique les raisons de l’incapacité de certains leaders politiques à le démontrer clairement car les indicateurs sont tout simplement non favorables à toute forme d’indépendance comparativement au reste du pays et dans le monde.»
