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Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension

Une cigarette a sauvé la vie de mon père

Un article citoyen de Brigitte Bédard

Qui aurait cru que la cigarette puisse sauver des vies? À tout le moins une, celle de mon père, un résident du quartier Villeray depuis 1979.

La journée de Noël a bien mal débuté pour mon père non-voyant âgé de 80 ans. Comme à son habitude, il s’est levé très tôt, autour de quatre heures du matin. Comme il dit souvent: «pour moi, ce n’est pas grave s’il ne fait pas clair!»

Il a rangé sa vaisselle de notre souper de réveillon de la veille et est allé prendre son bain. Ensuite, il a entrepris sa tournée pour vider les petites poubelles de la maison, pour les jeter dans une plus grosse, qui est sur un petit palier à l’arrière de son duplex. Malheureusement, il s’est accroché le pied dans le seuil de la porte et est tombé à genou dans les marches et sur le ventre, pour s’arrêter la tête dans la clôture. L’enfer venait de s’ouvrir. Il avait oublié de remettre son bouton d’urgence sur lui et il était en sous-vêtements à moins dix degrés. Il a crié pendant plus de 45 minutes pour demander du secours.

Heureusement que M. De Medeiros gardait un de ses petits-enfants et que sa femme venait de l’envoyer fumer sa première cigarette du matin à l’extérieur, pour la santé de l’enfant… et la survie de mon père. Après le troisième «au secours» il a réalisé que c’était le «monsieur aveugle» de l’autre côté de la rue qui appelait à l’aide, sauf qu’il ne le voyait pas. Il a fait le tour et a trouvé mon père ensanglanté et a, tout de suite, appelé le 911.

L’agente Sophie Morrissette et ses collègues, du poste de police de Villeray, ont pris le relais et ont secouru mon père jusqu’à l’arrivée des ambulanciers. Elle a écouté les consignes de mon père, qui malgré la situation, est resté lucide pour lui indiquer où se trouvait son portefeuille, comment me rejoindre, etc. Elle a sécurisé la maison et a demandé aux ambulanciers de privilégier l’hôpital Fleury comme j’avais demandé, puisque mon père y a son dossier.

On peut dire que mon père est en mode survie depuis le 25 décembre. Il a été opéré pour une très mauvaise fracture, il a fait un infarctus en arrivant à l’hôpital et il a des jours où, comme il dit, «je vois l’enfer… et je vois clair».

Si ce n’avait été de la cigarette matinale de M. De Medeiros, il ne serait plus des nôtres.

Je ne peux que remercier tous ceux qui l’ont sauvé et tout le personnel de l’urgence et des soins intensifs qui ont veillé sur lui. En souhaitant que mon père entrevoie un petit bout de ciel bleu…

 

(Brigitte Bédard)

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