Kiki la coccinelle sans points, c’est l’histoire d’une coccinelle qui se sent différente des autres parce que sans points noir. À travers différentes aventures dans la forêt, la petite bête cherche ses points, sans jamais les trouver!
«Je voulais parler de la différence et de la difficulté à s’accepter comme on est. La différence n’est pas forcément physique, extérieur. Des fois c’est une différence que l’on porte à l’intérieur de nous ; on se sent différent et les autres ne le savent pas. Je cherchais à écrire un livre réconfortant pour les enfants, qu’ils apprennent un peu plus à tolérer et accepter leurs différences», explique l’auteure.
Quand on voit la jeune femme de 27 ans, difficile de croire que ce livre part de son expérience personnelle. «J’ai l’air normale mais j’ai trainé ce sentiment à l’intérieur de moi longtemps. J’ai vu des jeunes autistes ou déficients mis à l’écart quand j’étais enfant. Les gens les traitaient comme s’ils avaient la peste, cela me faisait déjà de la peine. Le sentiment de se sentir différent peut commencer très jeune», affirme-t-elle de sa voix cristalline.
Le syndrome de Peter-Pan ?
L’auteure à l’imagination fertile attendait le déclic pour se lancer. Finalement, ce sont les prédilections d’une voyante à sa mère, qui voyait la fille travailler dans les arts, qui l’ont décidée. La travailleuse en psychologie reconnait qu’écrire pour les enfants est une forme de refus de grandir. «J’ai un pied dans l’enfance et un pied dans l’âge adulte, je me balance.
Quand je vais dans les écoles, on dirait que j’aime ça me mettre comme les enfants, en petit bonhomme, je deviens toute expressive. Je vis l’histoire avec eux. C’est un monde dans lequel j’aime me plonger, j’aime être avec eux. Pour moi c’est facile, c’est comme si je me sentais à l’aise.»
Des livres pour guérir
Premier roman de l’auteure, Kiki la coccinelle sans points donne le coup d’envoi d’une collection de six livres. Toujours à travers le spectre de la différence, on y suivra les aventures des amis de Kiki. Pourrait s’ensuivre une nouvelle série autour d’un microbe sur le thème cette fois… du rejet. Pour la doctorante en psychologie, l’écriture est aussi un moyen de soigner par l’arthérapie. «Il y a beaucoup d’enfants qui sont très souffrant, c’est une façon de les réconforter. Je sais que ça ne peut pas faire de miracle mais je souhaite que ça leur fasse un petit velours, un petit peu de bien. »
Le Parc Jarry : moteur de l’inspiration
Comme d’autres artistes du quartier, Jessica Laranjo puise son inspiration au Parc Jarry.
« C’est un endroit calme dans la ville. Je trouve l’environnement inspirant. L’été, je regarde l’étang, les canards puis je commence à écrire. »
Pour cette Lavalloise d’origine, résider à Montréal signifiait emménager dans Villeray. «Il n’était pas question que je déménage ailleurs. J’aime tout de ce quartier. Il y a un côté résidentiel et un côte ville. Il y a des rues ou tu peux te promener avec pleins de boutiques et des rues résidentielles avec pleins de familles. C’est sain et serein. Je me sens chez moi.»