Depuis moins de cinq ans dans Villeray, parce que j’y habite, mais cela aurait pu être ailleurs à Montréal puisqu’on administre partout la même médecine, c’est plus de 15% auquel on a eu droit. Cela fait drôlement mal au portefeuille!
Et vous savez quoi: cela n’est pas fini! Car on veut vraiment rayer de la carte montréalaise la classe moyenne, si la tendance se maintient. On aurait voulu en haut lieu en faire une stratégie de concertation ou un plan diabolique que cela n’aurait pas pu donner de meilleurs résultats.
Ainsi, si vous regardez autour de vous les gens qui ont quitté ou qui vont quitter, ils sont devenus légion. L’hémorragie, que dis-je l’hécatombe, est en cours depuis un certain temps. On parle de plus de 200 000 personnes en dix ans.
Voir ses voisinEs dans les champs et les eaux de la banlieue conne avec ses maintenant trois et quatre couronnes et son florilège de chars, cela me fait vomir… puisqu’ils reviennent tout de même bosser à Montréal. C’est cela qui fait le plus mal, puisque ce sont des montréalaiSEs.
On veut nous gommer notre appartenance, notre identité au nom du sacré saint principe de l’économie. Et ce n’est pas n’importe laquelle des économies, c’est la ci-nommée capitaliste. C’est celle qui ne voit pas de frontières pour les poches des gens riches mais qui en voit pour les pauvres.
Et le résultat est que l’écart est de plus en plus grandissant. On parle maintenant sans rire de gouffre. On a vu dernièrement dans nos rues des indignéEs mais pas de révoltéEs car il est encore malheureux de penser que seul encore on peut s’en sortir. C’est cela l’espoir que donne cette idéologie: s’en sortit tout seul comme un grand garçon ou une grande fille.
Et pourtant, j’ai beau regarder mon compte de taxation et je ne vois pas d’améliorations dans le quartier à cette hauteur de 15% en si peu de temps. Je dirais même que cela régresse.
C’est en appliquant cette logique que l’on reconstruit les bouts de rues à l’identique sans mesure d’apaisement mais par contre avec un même prix toujours exorbitant et indécent dicté par la convention entendue du plus bas soumissionnaire. C’est la règle d’or comme réponse que nous font toujours les fonctionnaires et les éluEs. Est-ce juste? Est-ce une règle désuète?
Ainsi, lorsque l’on doit changer pour un chalet sportif dix fenêtres et deux portes, est-ce normal de payer tout près de 250 000$, ou pour 500 mètres de bitume 90 000$? Et je dis bien que c’est juste le bitume que l’on a changé sur la rue Gounod en 2009-10. Est-ce le juste prix? C’est cher, très cher à notre portefeuille puisqu’en bout de ligne c’est nous qui payons ces petites crapules qui s’en mettent plein les poches.
Que font les éluEs? On dirait que de leur côté le mot «non» est à peu près inexistant de leur vocabulaire. Ils se plient à la règle, qu’ils soient néophytes ou pros de l’élection municipale du plus bas soumissionnaire. On leur a dit que cela se passait de cette façon.
Quand un prix dépasse considérablement la moyenne, ne pourrait-on pas y mettre un hola, un arrêt? Coudonc, l’intelligence pour et avec les citoyens, est-ce que cela existe?
François-Guy Touchette