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Environnement

Rendez-vous raté à Rio?

La présidence brésilienne de la Conférence de Rio a rendu public le texte qui servira de base à la déclaration des chefs d’État et de gouvernement. Ce texte en a fait sursauter plus d’un. Nous savions toutes et tous en arrivant à Rio que l’ambition et la vision qui avaient guidé nos leaders en 1992 n’étaient pas au rendez-vous.

C’est probablement là un des grands paradoxes de cette rencontre : depuis Rio, plusieurs entreprises, villes, communautés, états et provinces ont élaboré des plan d’action et entrepris des mesures pour lutter contre la pollution. Les leaders nationaux, de leur côté, semblent s’être dégonflés.

Le texte de négociation présenté mardi ne prévoit aucune avancée dans la protection marine en haute mer, pourtant le lieu du plus grand pillage de nos océans; aucun engagement financier non plus de la part des pays riches pour le virage vers l’économie verte.

Nous n’assisterons pas à la création d’un Conseil mondiale de l’environnement chapeauté par l’ONU (l’équivalent de ce qu’est le Conseil de sécurité pour les questions de Paix). Le prétexte invoqué par plusieurs pays, c’est que les pays donateurs n’ont pas d’argent. Pourtant entre 750 à 1000 G$ sont donnés annuellement en subventions aux combustibles fossiles.

Depuis mercredi matin, j’écoute les chefs d’État des pays en voie de développement. Ils se sont donné la peine de venir nous parler des impacts des changements climatiques et des problèmes qu’ils engendrent dans leur pays, contrairement à Stephen Harper et Barak Obama, tous deux absents de Rio.

Je ne peux m’empêcher de penser que nos dirigeants, ceux des pays riches, les ont laissés tomber. Plusieurs de ces pays, et d’autres entités politiques comme l’Union européenne, mettent pourtant l’épaule à la roue depuis plusieurs années : malgré les protestations des États-Unis, de la Chine et de plusieurs compagnies aériennes, l’Union européenne a décidé de charger aux compagnies d’aviation un prix pour leurs émissions de CO2. Cela incitera les transporteurs à réduire leurs émissions de GES.

L’Afrique du Sud va mettre en place sa taxe sur la carbone en 2013 et l’Australie a adopté la sienne à la fin de 2011. Le Brésil a réussi à réduire la déforestation sur son territoire de 67 % en 5 ans

Il reste encore deux jours aux chefs d’État, et notamment aux nôtres, pour s’inspirer de ces exemples (et de nombreux autres) pour faire de cette rencontre un succès, et non un échec.

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