ROME — Les policiers allemands et italiens ont arrêté 160 personnes et confisqué des biens d’une valeur de 50 millions d’euros, assénant un coup de massue à un clan mafieux dont les activités clandestines allaient de la vente du pain jusqu’au recyclage, en passant par les services funéraires et l’hébergement des migrants.
Les procureurs italiens ont expliqué mardi que le clan Farao-Marincola, qui serait associé à la ‘ndrangheta, avait infiltré pratiquement tous les secteurs commerciaux de la ville calabraise de Ciro et des villes voisines. Son emprise s’étendait sur le sud de l’Italie et jusqu’en Allemagne, où il blanchissait apparemment de l’argent.
Les procureurs affirment que le clan contrôlait le seul et unique boulanger de la ville de Ciro après avoir forcé tous les autres à fermer leurs portes, contraignant les résidants et commerçants de la ville à s’approvisionner auprès de lui.
Des restaurants italiens en Allemagne auraient été forcés d’importer du vin italien, de l’huile d’olive et d’autres biens achetés auprès d’un groupe commercial contrôlé par l’organisation mafieuse.
Le pouvoir et la richesse de la ‘ndrangheta surpassent de plus en plus ceux de la Cosa Nostra mieux connue.
Les procureurs indiquent que le clan Farao-Marincola avait acheté la loyauté de plusieurs politiciens et qu’il n’avait plus besoin d’utiliser la violence qui caractérise souvent les activités de la mafia. La police italienne dit qu’on compte des «dizaines» de dirigeants parmi les 169 personnes épinglées.
Onze personnes soupçonnées de blanchiment d’argent et d’extorsion ont été arrêtées dans l’ouest de l’Allemagne.
En Italie, les suspects seront notamment accusés d’association mafieuse, de tentative de meurtre, d’extorsion, de blanchiment d’argent et de possession illégale d’armes.