Barack Obama n’aura finalement pas été une petite parenthèse dans l’histoire des États-Unis. Le K.O électoral administré mardi soir à Mitt Romney le fait entrer dans la légende politique américaine.
Dès son arrivée à la Maison-Blanche, les républicains avaient promis d’en faire «le président d’un seul mandat» en s’opposant d’office à tous ses projets. La semaine dernière encore, Karl Rove, l’ex-«cerveau» de George W. Bush claironnait ceci : quand le coq chantera le 7 novembre, Mitt Romney sera le 45e président des États-Unis.
Hier, Obama est devenu le 20e président à être réélu depuis George Washington en 1792 et ce, malgré un taux de chômage élevé. Les Américains ont choisi d’être patients en tournant le dos à Romney, l’homme d’affaires multimillionnaire qui promettait, avec de vagues promesses, de les conduire vers des lendemains qui chantent.
En renouvelant le bail du premier président noir à la Maison-Blanche, ils espèrent voir enfin l’économie se relever après avoir été laminée par George W. Bush.
La vague d’euphorie d’il y a quatre ans est bien sûr retombée, mais le déficit d’enthousiasme, surtout chez les Noirs, les Latinos et les jeunes, n’a pas été assez grand pour hypothéquer la victoire d’Obama. La démographie des minorités lui est restée favorable. Le Parti démocrate, formation arc-en-ciel, aura longtemps le vent dans les voiles si le Grand Old Party ne se réinvente pas.
Pour la suite immédiate des choses, il y a de quoi s’inquiéter. Avec une Chambre des députés restée majoritairement républicaine, le président démocrate aura les mains liées.
Sa victoire au forceps, dans le vote populaire, a un goût de cendres. Son second mandat pourrait être aussi difficile que le premier. Les républicains lui jetteront sans arrêt du sable dans l’engrenage. Il risque d’être un lame duck, un canard boiteux à moins que ses adversaires se recentrent comme l’a fait Mitt Romney vers la fin de la course présidentielle.
Dans tous les cas, les États-Unis sont divisés politiquement et démographiquement. Plus que jamais, deux univers parallèles cohabitent dans le pays le plus puissant de la planète.
Pour l’heure, Barack Obama peut savourer sa victoire. Une fois de plus, il a écrit l’histoire.
