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Référendum au pays des Scots

David Cameron n’a bien sûr pas joué de la cornemuse devant Alex Salmond, son homologue écossais. Ils se détestent royalement. Mais, jeudi à Édimbourg, il a fait vibrer la corde émotionnelle. «Ne partez pas!» a dit en substance le premier ministre britannique, inquiet de se retrouver à la tête d’un «Royaume-Désuni».

Les cinq millions d’Écossais – ils ont perdu leur langue mais pas leur culture – doivent se prononcer par référendum en 2014 sur l’avenir de leur région semi-autonome. Pourquoi dans deux ans? Ce sera le 700e anniversaire de la bataille de Bannockburn, cinglante défaite des Anglais au pays des Scots. Rien de mieux pour fouetter la ferveur nationaliste.

La question référendaire devra être courte, directe et claire, insiste Cameron. Ce doit être «oui» ou «non» à l’indépendance totale. Pas de formulation alambiquée. Salmond risque bien d’en concocter une. Les indépendantistes ont beau avoir le vent dans les voiles, ils remporteraient tout au plus 40 % des voix.

Ex-banquier, Salmond est prudent. Spécialiste des courses de chevaux, il n’aime pas perdre. S’il juge que l’Écosse – rattachée depuis 1707 à la couronne d’Angleterre – n’est pas mûre pour l’indépendance, il pourrait opter pour une autonomie accrue en réclamant notamment davantage de pouvoirs fiscaux.

Cette option, appelée «devo-max» (dévolution maximum), c’est un peu la version écossaise de la «souveraineté association». Elle permettrait au Scottish National Party (SNP, centre-gauche) de ne pas enterrer l’idée de l’indépendance.

C’est le pari «du beau risque» en attendant des jours meilleurs. Un tel scénario ne plaît évidemment pas au conservateur Cameron, qui veut un référendum contraignant, avec des conséquences juridiques. C’est la politique du tout ou rien.

Au-delà des modalités référendaires, l’Écosse est-elle viable si elle se détache du nord du Royaume-Uni? La réponse, on s’en doute, est oui à Édimbourg, non à Londres. Entre les deux capitales, la guerre des chiffres bat son plein. Chacun balaie du revers de la main les arguments économiques de l’autre.

Les Écossais, réputés économes, sont accusés de vouloir plus de pouvoirs pour des raisons de gros sous. Ils vivent avec une manne pétrolière grâce à l’or noir de la mer du Nord, exploité surtout par des firmes anglaises. Pour des raisons pratiques, ils garderaient la livre sterling et ne tourneraient pas le dos à la royauté. Alors pourquoi se séparer? Dans tout ce débat, il y a presque autant d’Anglais qui sont pour l’indépendance que d’Écossais. How shocking!

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