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Les élucubrations d'Hugo Chávez

Ils sont quatre à être frappés par le mal et l’un d’entre eux ne croit pas au hasard. Tous sont des dirigeants de gauche latino-américains, et leurs cancers pourraient être le fruit d’un complot de «l’empire yankee». Hugo Chávez, en rémission d’une tumeur pelvienne, le croit. Tout est possible avec les gringos!

La paranoïa est-elle un effet secondaire du cancer du dirigeant vénézuélien, grand pourfendeur de la politique étrangère américaine? Non. En 2010, bien avant sa tumeur, il avait attribué à Washington le séisme d’Haïti. La US Navy a provoqué le terrible tremblement de terre en testant une arme d’un type particulier. Les sorties de Chávez font au moins le bonheur des théoriciens du complot.

Mais voilà, opérée mercredi dernier de la glande thyroïde, Cristina Fernández Kirchner (Argentine) n’a finalement pas le cancer, contrairement au premier diagnostic sur lequel se basait Chávez pour lancer ses insinuations pendant le temps des Fêtes. Quant à Dilma Rousseff (Brésil) et à Fernando Lugo (Paraguay), ils sont trop occupés à se soigner pour réagir aux élucubrations de leur homologue vénézulien.

Chávez, 57 ans, a promis de «prendre grand soin» de deux autres présidents de gauche, Evo Morales (Bolivie) et Rafael Correa (Équateur), avant «qu’on leur diagnostique aussi un cancer!» Ses déclarations peuvent faire sourire. Inoculer le cancer à quelqu’un est peut-être possible, mais tout système immunitaire ne finit-il pas par attaquer les cellules anormales et les détruire?

Au-delà des supputations médicales, le cancer de Chávez chamboule la vie politique du Venezuela, dominée cette année par des élections présidentielles. Elles se tiendront le 7 octobre, et Chávez, élu pour la première fois en 1999, a promis de se représenter et de rester au pouvoir jusqu’en 2031. Tout indique qu’il sera réélu.

À moins que les taux de criminalité (une cinquantaine de meurtres par jour) finissent par lasser les 29 millions de Vénézuéliens dont 23 % vivent encore avec moins de deux dollars par jour. Pour l’heure,
Chávez n’a pas vraiment d’adversaire, son état de santé lui assure un solide capital de sympathie, et ses sorties contre les «Yankees de merde» font toujours recette auprès de la moitié de la population, qui n’a connu aucun autre leader que lui.

Cela n’empêche pas le Venezuela «révolutionnaire» d’exporter quotidiennement aux États-Unis un peu plus de 800 000 barils de pétrole. L’argent n’a pas d’odeur. Dans toute cette affaire, Hugo Chávez a raison sur un point quand il conseille à ses concitoyens, aux prises avec de graves pénuries d’électricité, d’éviter de chanter sous la douche pour économiser l’eau.

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