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Écosse, le prix de l’indépendance

L’indépendance a un prix. Si l’Écosse décide de sortir du Royaume-Uni, elle devra tourner le dos à la livre sterling. La nouvelle mise en garde de Londres est qualifiée de «bluff» par Édimbourg. Et si ce n’en était pas?

Depuis le mardi 26 novembre, date à laquelle le premier ministre écossais, Alex Salmond, a publié son Livre blanc de 670 pages sur l’indépendance, les coups de semonce de la capitale britannique sont permanents. Celui de la semaine dernière sur la devise commune était prévisible, car c’est sur le terrain économique et financier que les Écossais seront appelés à voter «oui» ou «non» au référendum du 18 septembre.

La question est simple et limpide : «L’Écosse doit-elle être un pays indépendant?» Avant la descente aux enfers de l’euro, Salmond, un ex-banquier, rêvait que son futur pays adopte la devise européenne. Aujourd’hui, il répète à l’envi ceci : sortir du Royaume-Uni ne veut plus dire abandonner la livre sterling. L’Écosse continuerait de l’utiliser. Certains pays comme le Panama, le Salvador et l’Équateur n’ont-ils pas adopté la monnaie américaine?

Oui, mais avec une telle union informelle, ces États n’ont aucun contrôle sur leur politique monétaire. Si créer sa propre devise permettrait à l’Écosse de maîtriser son taux de change et ses taux directeurs, combien de temps faudrait-il à sa banque centrale pour s’assurer une crédibilité sur les marchés?

Londres reste campé sur ses positions, sachant très bien que ce sont les questions de sous qui vont finir par l’emporter dans le débat sur l’indépendance, option appuyée par un tiers des Écossais.

Avec le pétrole de la mer du Nord, ils deviendraient le 8e pays le plus riche au monde. Salmond leur promet aussi une social-démocratie à la scandinave.

Il a même défini la date à laquelle l’Écosse, qui garderait la reine comme chef de l’État, retrouverait «sa place parmi la famille des nations» : le 24 mars 2016.

Pour fouetter la fibre nationaliste, il compte miser à fond sur les célébrations, les 23 et 24 juin, du 700e anniversaire de Bannockburn, bataille au cours de laquelle les Écossais ont défait l’armée anglaise.

Malgré tout, les Écossais hésitent à prendre le large. Au sein du Royaume-Uni, ils jouissent depuis 1997 d’une autonomie en matière d’éducation, de santé, d’environnement et de justice.

L’Écosse a également sa propre équipe aux Jeux du Commonwealth, qui se tiendront d’ailleurs cette année à Glasgow, la capitale économique.

Au pays du whisky, qui finira par lever son verre en septembre?

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