Comme en 2005, lors de la première crise des caricatures, les médias sont face au dilemme. Faut-il ou non montrer les caricatures sachant que l’islam proscrit la représentation de Dieu (pour ce qui est de la représentation du prophète Mahomet, son messager, ça porte à discussion).
Face à cette question, on retrouve d’un côté les médias, qui, par solidarité, décident de publier des photos des caricatures controversées du magazine Charlie Hebdo. Il s’agit de la majorité, selon la firme Influence communication, qui scrute les médias dans plus de 150 pays.
Du côté des médias hésitants, plusieurs options:
1. Rendre l’image floue comme le New Yok Daily News ou le Daily Telegraph. L’initiative a été vertement critiquée sur les réseaux sociaux.
2. Utiliser une photo recadrée qui évite de montrer une caricature de Mahomet. C’est ce que fournit notamment l’Associated Press sur son fil de presse photo.
Il existe pourtant d’autres formes de cadrage.
AP s’est aussi fait récriminer sur Twitter pour avoir retiré des images de caricatures.
The @AP removed photos that include the #CharlieHebdo covers http://t.co/wbTN3sMWmN pic.twitter.com/mZFHF5ljJo
— The Daily Beast (@thedailybeast) January 7, 2015
3. Ne rien présenter. Il y a enfin la position de la CBC qui a expressément demandé à ses employés par une note interne de ne pas présenter de document présentant des caricatures. «Nous n’avons pas publié ces images avant aujourd’hui, pas par peur mais par respect pour les croyances de la communauté de croyants musulmans… L’heure n’est pas aux réponses émotives et aux bravades, il y a de meilleurs façons d’honorer nos collègues journalistes», affirme David Studer, directeur des pratiques journalistiques à CBC.
Here are instructions from CBC Journalistic Standards & Practices director @DavidStuder1 to journos. #CharlieHebdo pic.twitter.com/96SGGs0IzY
— Support Canadaland (@JesseBrown) January 7, 2015
«Je ne peux pas affirmer que les médias ont délibérément caché ou évité les caricatures. Toutefois, l’accumulation de faits démontre qu’il y a une tendance auprès de plusieurs médias : « Ne pas offenser les Musulmans aujourd’hui ». Plusieurs médias vont se cacher derrière la responsabilité à l’égard de la sécurité de leurs employés. C’est toutefois de foutre en l’air tout le principe de liberté d’expression et d’accepter la notion d’intimidation», selon Jean-François Dumas, directeur d’Influence Communication.
